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Un index pour mes récits vient d'être placé dans le blog. Ainsi il sera plus simple de naviguer d'histoire en histoire.

Les nouveautés du mois ne s’arrêtent pas là ! Un essai d’histoire interactive vous attend dans la partie Petites histoires interactives. L’histoire proposée, Selene, n’est pas de première qualité, mais il s’agit avant tout de donner un exemple pour voir si le concept plait. Si c’est le cas, je ferais quelque chose de beaucoup plus construit et de plus intéressant. Vous avez un article concernant cette idée ici… Donnez-moi votre avis surtout dans Vos paroles, Vos commentaires.

Encore du nouveau dans Vos paroles, avec un petit jeu. L’idée est très simple, je propose un thème, par exemple pour débuter j’ai choisi La Mer et La Cascade. Vous répondez à ces thèmes par des textes, des illustrations, des photos, ou autre. Ainsi le blog marchera dans les deux sens, nous partagerons ensemble notre goût pour l’écriture, la photo, le dessin, l’animation entre autres. Donnez-moi votre avis surtout dans Vos paroles, Vos commentaires.

Pour vos images je vous propose deux hébergeurs gratuit : ImageShack (dont je me sers tout le temps) et Archive-Host que je ne connais presque pas…











de votre visite,
Lémuria

 

Jeudi 26 mai 2011 4 26 /05 /Mai /2011 18:58

 

Je redoublais la sécurité. J'entrais dans le palais. Je fus surprise de
voir un groupe d'elfe poser un genoux à terre devant moi.
- Princesse nous avons besoin de votre aide.
Je les reconnus aussitot, il s'agissait des rebels elfes que nous
avions acceuillit plusieurs siecles plus tôt pour ne pas dire
millénaires.
- On ne s'agenouille pas devant moi et on ne m'appèle pas ainsi. Je
suis juste Black Pearl rien de plus.
Ils se relevèrent.
- Vous etes bien plus que cela Dame Pearl, et vous le savez. Vous
êtes la seule a réellement chercher la paix entre les peuples. vous
avez batit pierre par pierre l'Arche et seule. vous habritez en ces
lieux des représentants de chaque peuple sans faire aucune
différence. Et vous etes l'héritère des Van Helsing, tout comme
votre frère en est l'héritié.

- JE suis surtout un beau sac de noeud et une tête de mulle.
Je souris.
- On peut également dire cela...
- Quel est le problème? Je viens de renforcer les protections.
Sans cristal nul ne peut rentrer et avec le cristal aucun être
possédé ou abritant un quelconque danger ne peut rentrer.
- Notre jeune Seigneur, Daniel Jackson est parti affronter son
père, il est seul et des armées entières se trouvent labas... Il
est l'héritier de chaque peuple elfe. Nous voudrions aller lui
porter main forte.

- vous n'avez pas besoin de mon autorisation pour ça. Je vais
venir avec vous et la moitié de nos hommes vont venir aussi.
- Nous n'espérions pas tant...
- L'arche est avant tout une famille, un havre de paix et dans une
famille on se sert les coudes.
- Merci Dame Pearl.
- Ne me remercie pas, je fais se que chacun devrait faire.
Je souris et sortis de la pièce. Je rassemblais la moitié des
hommes et nous partions.

Bien après le retour de mes hommes, des bléssés, et des anciens prisonniers qui arrivèrent en ces lieux sans embuches et sans qu'aucun problème ne puisse être déclanché grace aux cristaux, j'apparus ici avec le jeune Elfe et la dépouille deson père.

Cette dernière fut placée dans un cristal. Je conduisit Daniel dans une des chambre pour que des soins lui soient prodigués. Je le couchais sur un grand lit et pansais ses blessures comme je le pouvais puisque je ne connaissais absolument pas l'anatomie des elfes et les complications éventuelles qu'il pourrait y avoir suite à un traitement avec mes propres pouvoirs. Son état de santé était des plus inquiétant. Je lui fit des bandages autour de ses blessures et plaçais une compresse humide sur son front.

Ne me souciant auncunement de mes blessure je le laissais se reposer dans le palais et en ressortais. Je donnais des ordres pour que des buchers soient dréssés afin que nos mort aient des funérailles descentes le plus tot possible.

Je donnais également des ordres pour qu'un buch soit dréssé en prévision des futures funérailles de Frédéric.

Lorsque tout les buchers furent dréssés, les corps de nos hommes y furent placés. La fatigue, la douleur et la souffrance se lisait sur chacun de nos visages. Je levais la main vers les cieux m'apprétant à donner l'ordre d'embraser les buchers.

 

Je revins à moi très lentement. J'étais extrèmement faible et malgrés ma faiblesse, je sentis se qu'il se passait. Je me devais d'etre présent à ces funérailles. Ces être avaient donnés leur vie pour m'aider et pour libérer les prisonnier alors que j'aurais dû faire cela moimême et ne pas attendre.

Je voulais également que mon père soit incinéré en même temps que ses hommes et ses femmes qui avaient donnésleurs viespour moi.

J'avais le coeur,l'âme et le corps meurtris, mais malgrés la douleur, je rassemblais mes dernières forces et rejoignis Dame Pearl. Je m'aidais d'un batton improvisé pour me tenir debout. Le corps de mon père aparu sur le bucher qui lui était destiné. Je fis un signe de tête à la Seigneur de ces lieu en signe de remerciement et d'y aller...

 

Je fus surprise de voir Daniel présent alors que son état lui permettait à peine de respirer et de garder les yeux ouvers. JE lui répondis à son signe de tête de la meme manière.

J'abaissais alors le bras et les brasiers prirent alors feu. Nous entammions des chants mortuaires composés d'un mélange de prière", de "pleurs" et de remerciements.

J'avais le coeur serré de voir nos pertes.Même si elles n'étaient pas énormes, des vies avaient

 

Lorsque les flammes se mirent à dévorer férocementlecorps sans vie de mon père, mon coeur se serra si fort, que j'en ressentis une attroce douleur. Bien avant que la dépouille de mon père ne soit totalement devenue cendre, je m'éffondrais à bout de forces sur le sol. JE sombrais alors dans un profond commat entre la vie et lamort. J'étais d'ailleurs bien plus proche de la mrt que de la vie.

 

Voyant le jeune elfe s'effondrer, je me précipitais vers lui et le pris dans mes bras.

- ça va aller gamin...

Je fis signe aux autres de poursuivre et reconduisais Daniel dans sa chambre. Je le recouchais dans le lit. Je sortis des appareil pour vérifier ses signes vitaux et empécher autant que possible que son état ne s'agrave d'avantage.

Je le mis torse nu. son corps était recouvert de cicatrices toutes plus immondes les unes que les autres, mais je n'y prétais pas attention. Je plaçais sur son torse des electrodes qui étaient reliés à une machine pour vérifier son rythme cardiaque non g pas regardé urgence se soir mdr). Je plaçais sur son visage un masque à oxygène ou une machine pris le relais pour l'aider à respirer. Je plaçais sur le dessus de sa main un catétère relié à une "poche" de liquide pour éviter qu'il ne se désidrate. Ne pouvant faire d'avantage, je le recouvrais des couverture et m'asseyais près de lui pour le veiller.

Je ne me souciais toujours pas de mes propres blessures et m'arrangeais pour ne pas perdre pied avec tout se que j'avais absorbé ses derniers jours au Trium Vira.

 

***

 

Suite au message qu'avait reçut Oath Arkana, Black Pearl reçu ...


la sphère apparu ici avec le cristal en question.
- Je ne puis venir ici meme si je le voulais, merci ame de m'avoir prévenu mais il devrait passer ce cap sans moi.
Non pas que je ne veuille pas l'aider ou que je ne 'laime pas assez pour sa mais je ne puis interférée sur d'autre endroit.
Prenez soin de lui et qu'il retourne ensuite avec son ami Idrillann s'il le désir.
La sphère contenant mon amour entrais en lui.

- prend soin de toi fils.

***

 


j'arrivais a l'entrée de l'arche, je n'étais ni armé ni agressif envers qui que ce soit mais ej n'avais pas confience en l'endroit pour autant.

 

Je sentis l'amour de mon père de coeur. Comme un systématique je me mis àmurmurer dans moncoma.
- papa...

 

Inutile de me remercier, je n'allais pas le laisser derrière
nous en terre non protégée alors que nous allions en
sécurité. Je lui transmettrais votre message lorsqu'il sera en
état.
Je sentis l'arrivée du Seigneur Celeborn. Je me levais et
disparus pour apparaitre près de lui. Je le saluais du plus
profond respet.
- Je suis Black Pearl, s'est moi qui vous ai contacté. Il est
par ici... Mais sa santé n'est pas bonne...

 

menez moi a lui. s'il vous plait.

 

- Je vous préviens, il est branché à des appareils qui
respirent pour lui et qui nous permettent du surveiller son
état de santé. Je ne peux pas le soigner magiquement,
j'ignore les effets que pourraient avoir leschoses que j'ai
absorbé sur lui. Je n'ai pas de dons pour les soins,
uniquement pour tuer. Il est dans cette chambre je vais vous
laisser... si vous avez besoin de quelques chose n'ésitez pas
à m'appeler.

Je le saluais du plus profond respet et m'éloignais.

 

- très bien.. merci.
J'entrais dans la chambre.
Je posais ma main sur celle de Daniel.
- ton père m'envoie seigneur.

 

 

 

 


Je serrais faiblement la main de Celeborn sans reprendre conscience. Dans mon coma je me voyais dans un monde totalement imaginaire. Mon frère était la :

 

 


MA mère était également présente :

 

 


Mon père biologique aussi :



Mais égalementmon père de coeur:



et Celebrn



Nous étions tous ensemble... et pour la première fois, nous
étions heureux. ¨Pour la première fois, je l'étais moi aussi...des
larmes roulaient sur mes joues. Un cristal coula avec l'une de
mes larmes et se fendilla en deux.

 

doucement je lui fis ressentir l'amour et la lumière des peuples d'argent.

 

Les images de mon "monde" imaginaire commencèrent à
s'estomper. Je sortais doucement du coma et commençais
à revenir à moi. Je serrais un peu plus lamain de Celeborn.
Je me rattachais à lui pour me"connecter" à la réalité.

 

- accroche toi seigneur d'argent....
Doucement je memis a lui chnater une chansson de mon peuple.

 

J'arrivais à peine a articuler et le masque à oxygène rendait
presque inaudibles.
- je suis pas un seigneur... j'ai tué mes parents...(je suis pas un seigneur, j'ai tué mes parents)
Je ne parvenais pas à respirer de moi même mais la voix de
Celeborn était si douce qu'elle me ramenait à la réalité
lentement. J'entrouvris à peine les yeux. je vis une silouhette
près de moi. très doucement elle prit forme. Je reconnus
Celeborn.

- seigneur Celeborn...

Par Lémuria - Publié dans : Malle aux secrets
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Dimanche 24 avril 2011 7 24 /04 /Avr /2011 22:18
Par Lémuria - Publié dans : Le colisé des reflections
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Dimanche 3 avril 2011 7 03 /04 /Avr /2011 11:54

« je … non rien »

Un léger sourire de satisfaction apparu au coin de mes lèvres. Oh oui, j’avais réellement fait de l’excellent travail avec lui. Et me dire si ouvertement qu’il serait heureux et flatté s’il me manquait… Cela montrait peut-être qu’il avait besoin d’un certain soulagement ou d’être rassuré tout simplement. Je tenais un bien étrange « pouvoir » au creux de ma main, pourtant pour une fois, ou plutôt, pour cette fois, je ne me jouerais pas de lui.

* Si tu savais petite tête blonde que si toi tu ne parviens pas à te défaire de moi, l’inverse est également vrai, petit filou ! *

Ce fut en le regardant droit dans les yeux afin de non seulement, d’une part lire dans son regard sa réaction, et d’autre part, lui prouver que cette fois, il n’y avait aucune manigance, je ne divergeais pas :

« Alors soit. Qu’il en soit ainsi. Je t’accorde le seul aveu que tu auras de ma part. Ta présence me manquait. Je dois le reconnaître. »

* Comme j’aimerais t’entendre dire à voix haute se que tu penses…*

« merci Dimitrius »

Je soutenais son regard encore et toujours. Je pouvais y lire tant et tant de choses… S’en était réellement plaisant. J’aimais cela, oh oui, j’adorais ça. C’était comme une drogue dont le nectar était si délicieux qu’il était difficile d’y résister. D’ailleurs, incorrigible comme je l’étais, je n’y résistais pas. Me perdre dans ce regard où tant d’émotions contradictoires se mélangeaient était tout simplement divin.

« Mon aveu ne répond-il pas de lui même à ta question ? bien sûr, je prendrais un esclave puisqu’il le faut. Je ne tiens cependant pas à te remplacer. Tu es irremplaçable enfant. Cela te rassure t’il ? »

* Oh oui, comme il me plairait te l’entendre dire… *

Oups, je venais de faire un second aveu. Mon ange de ténèbre s’en rendrait-il seulement compte, ou ne voudrait-il pas s’en apercevoir comme toujours ? Nier l’évidence était sans nul doute plus facile pour lui. Je savais l’effet qu’aurait ce second point sur lui, car comme je l’avais déjà dit, mes mots n’étaient jamais choisis au hasard. Je ne croyais d’ailleurs pas au hasard.

Comme toujours, mes mots étaient choisis avec soin. Comme souvent, je jouais avec se que ma petite tête blonde ressentait. Cependant, peut-être que cette fois, je ne me jouais pas uniquement de lui, mais également, de ma propre personne. Cette pensée, bien que fort distrayante, fut bien vite chassée de mon esprit.

« Où peut-être es-tu surpris enfant ? »

* S’il avait pu entendre tes pensées vieille fripouille, il te prendrait pour fou, ou bien pire, pour ramolli... *

Intérieurement, je riais. Je me plaisais à me moquer de moi. Je me tournais à la dérision. C’était plaisant et à la fois, dérangeant. Jamais je ne tolèrerais qu’un autre que moi ne le fasse avec ma personne.

J’écoutais ses projets. Il était incorrigible lui aussi. Cela ne m’étonnait pas qu’il se prenne un esclave avec pour but de le faire souffrir et de s’amuser avec. Il avait toujours apprécié ce genre de distraction, tout comme moi. Cependant, notre manière de nous distraire était bien différente. J’étais patient, réfléchis et calculateur, lors que m petite tête blonde était impulsive, fougueuse et ne jouissait que sur l’instant.

« Dans ce cas, il me semble que ce que je t’ai ramené te plaira et pourra te servir dans tes distractions… »

Je fis apparaître une corbeille en osier devant lui. A l’intérieur, se trouvait un serpent. JE me souvenais qu’il en avait toujours raffolé. En réalité, je n’avais jamais oublié ses goûts pour quoi que ce soit. Je le laissais découvrir son présent avec un léger sourire aux lèvres. Je savais que cela lui plairait, mais aussi, qu’il n’oublierait pas ma présence tant qu’il avait ce serpent auprès de lui.

« Te plairait-il de sortir en ville en ma compagnie ? »

Je savais que ma petite tête blonde comprendrait très bien que ma proposition était bien plus qu’une simple promenade de santé. Quoi de mieux pour festoyer qu’un bain de sang parmis les humains ? Nos retrouvailles méritaient au moins cela non ? Bien sûr les humains seraient bien loin de partager mon opinion, mais l’avis de ces créatures inférieures ne comptait absolument pas.

Sur ces mots, je me relevais. Je tendis lentement la main vers lui.

« Ou peut être avais-tu des projets ou une autre idée en tête enfant. »

« allons y … j’ai faim »

Je me doutais que mon simple présent allait lui plaire. Il avait toujours aimé ces reptiles magnifiques. Ma petite tête blonde avait réellement de goût. Cela ne m’étonnait pas. Lorsque je l’avais choisi, je l’avais fait avec soin. Jusqu’à ce jour, je n’avais jamais regretté mon choix. Je le regardais sans mot dire s’emparer de son serpent. Quelque chose dans ses yeux pétillait, un peu comme un enfant devant le sapin de noël lorsque les somptueux présents se trouvaient à la place de ses racines. Chez les humains, j’avais toujours trouvé cela d’un pathétique… Alors que chez mon ange des ténèbres, c’était tout simplement divin.

Bien sûr, nos retrouvailles ne sauraient être sans un peu de piment. Aussi ce fut naturellement que je lui proposais un peu de distraction et d’amusement. Comme je m’y attendais, il ne se fit pas prier. Je n’eus pas à renouveler plusieurs fois ma proposition qu’il se montra particulièrement enclin à mon offre. Il était impatient. Qu’il était agréable de le voir aussi excité, fougueux et vif… En deux mots, il était magnifique et merveilleux dans cet état de "trans".

« Tu te dépêches ? »

Je le suivais lentement alors qu’il sollicitait que j’accélère. Toujours égal à moi-même, avec ma légendaire patience, je me contentais de sourire en réponse. J’avançais sans me presser. J’aimais jouer et que le jeu dure et perdure. Je prenais toujours mon temps afin de profiter de chaque seconde et de savourer chaque détail de la souffrance de ma victime, de mon jouet. JE regardais son rusé manège pour passer derrière nos futurs jouets alors que je continuais d’avancer droit sur eux.

* Quel délice se sera que de jouer avec ce pathétique couple. Jusqu’où l’humain serait prêt à aller pour sauver sa catain ? *

Bien plus que les humains, je méprisais les humaines. Je les haïssais par-dessus tout. Leurs voix de crécelles, leurs manières, leurs superficialités sans parler de leurs courbes informes ! Lorsque je fus à leur hauteur, j’eus un grand sourire à l’égard de mon ange de ténèbres ainsi qu’un mouvement de tête. J’attrapais, une fois à côté de l’homme, celui-ci par les cheveux et le tirais en arrière. La jeune femme poussa un cri tout comme son amant. J’approchais mes lèvres de son oreille pour lui murmurer :

« Chut, pas de cri, il n’y en a pas besoin… Pour le moment. Les cris m’agacent. »

Je regardais alors ma petite tête blonde avec un sourire, alors qu’il s’occupait de la femme :

« Que penses-tu de ces deux-là comme hors d’œuvre pour ne retrouvailles enfant ? Hum ? »

Non seulement cela allait n’être qu’un début pour nos retrouvailles, mais en plus, je me souhaitais moi-même, mes propres 343 siècles. J’étais en avance, bien entendu, cela n’était que pour la nuit prochaine. Mais pourquoi ne pas joindre l’utile à l’agréable ? Hum ?

Ne lâchant pas l’homme que le poussait à s’agenouiller. Je plaçais ma main sur le creux de son cou pour qu’à la moindre tentative de réaction il ne me suffise que d’une pression pour l’immobiliser. Je me penchais vers lui lentement pour lui murmurer une novelle fois :

« A quel point es-tu prêt à payer de ta personne pour secourir ta chère et tendre ? »

Qu’il était bon de revenir, au travers de ce jeu, quelque temps en arrière. Que de souvenirs, que de chasse avions-nous fait ensemble. Ah le bon vieux temps ! Il m’était bon de me replonger dans cette époque glorieuse.

* Et toi enfant, apprécies-tu autant que moi cet amusement ?*

D’un mouvement de tête vers l’avant, je signifiais à mon ange de ténèbres qu’il pouvait lui aussi commencer à réellement s’amuser.

« Qu’en dis-tu enfant ? Jusqu’où serait-il capable d’aller pour elle ? L’aime-t’il réellement ? Sur quoi parierais-tu dis moi ? »

« comme tu l’as dit ce n’est qu’un hors d’œuvre, une petit mise en route de notre nuit. »

= je vous en supplie monsieur ne lui faites pas de mal ; laissez la partir, elle a encore tout ça vie devant elle…=

« hum, je crois bien, qu’il pissera dans son pantalon avant qu’on en ait fini avec elle »

= nonnnnnnnnn ne me faites pas de mal =

= espèce de salopard ne la touchez pas =

« je crois… à notre plus grand plaisir…qu’il sera plus résistant que ce que j’aurais pu prédire… mais tout le monde à ses limites … n’est ce pas Dimitrius »

Quel bonheur que de reprendre une chasse avec mon ange de ténèbres. Mon sang bouillonnait, mon esprit fulminait et mes sens étaient en plein exaltation. Je devais reconnaître que cela m’avait manqué. Oh oui, qu’il m’était délicieux de partager de nouveau ces moments avec lui. Devais-je lui avouer ?

* Si tu savais combien j’aime partager cela aussi avec toi… *

« occupe toi d’elle avec ça …… ou je lui inflige bien pire, sans parler que tu risque de le regretter. ou…ah mais oui, tu préfères qu’on s’occupe de toi, c’est pas bien d’être égoïste a ce point là »

Je n’en fis pourtant rien. Ces deux humains allaient découvrir à leurs dépends combien ce plaisir m’était grand. Qui aurait pu dire que derrière un visage aussi angélique que ma petite tête blonde puisse se cacher un démon presque aussi grand que ma personne ? Personne, et c’était sans nul doute l’une des facettes que j’aimais le plus chez mon ange de ténèbres. Bien sûr, il n’y avait pas que cela, mais cet aspect de lui même faisait parti intégrante de son charme qui me plaisait tant.

« Tu penses que nous devrions lui mettre des couches ? »

« Pas des couches, il risque de percer mais un bouchon sera plus radicale »

 Ironie moqueuse, acerbe et tranchante que voilà, intérieurement, si l’homme en était un, cela l’agacerait. Peut être réagirait-il convenablement. Et le voilà qui ne cessait de geindre autant que sa femelle. Navrant, vraiment, navrant et lassant. Je levais les yeux vers ma petite tête blonde alors qu’il tendait la branche à cet idiot d’humain pleurnichard.

« Et crois-tu que les siennes feront qu’il se proposera à la place de sa chienne ? Je sens qu’elle est en chaleur et qu’elle ne demande qu’à se qu’on s’occupe d’elle. Peut-être est-il impuissant, qu’en dis-tu ? Hum ? »

J’avais un sourire, ô combien inquiétant pour le couple, aux lèvres, mais tellement rassurant sur ma satisfaction pour mon ange de ténèbres. Je fixais les mains tremblantes se diriger vers la branche suites aux propos qu’il tenait. Il savait toujours autant ce qui me plairait. Donner l’impression à cette misérable créature qu’il pouvait faire quelque chose de noble : se sacrifier ou sauver sa compagne… Peu important finalement le choix qu’il ferait, ma petite tête blonde et moi savions qu’aucun des deux ne survivrait. Le tout était de savoir qui souffrirait le plus et comment.

« Tu as raison enfant, il est jaloux, regarde comme il hésite. Il nous veut que pour lui. C’est certain. Quel manque de savoir vivre, quel égoïste ! Vouloir être le centre d’intérêt du monde… Pathétique petite chose. »

Je souriais davantage. Je bouillonnais de l’intérieur. Loin de moi la torpeur dans laquelle je me trouvais quelque temps avant de venir à Vampires Kingdom.

= non je vous en supplie ne nous faites pas de mal =

« Que dirais-tu si nous lui donnions ce qu’il veut ? Hum ? Il souhaite toute notre attention sur lui, offrons lui. »

Alors que je terminais ma phrase cette petite punaise s’empara du bâton. Tremblant il fit mine de se diriger vers sa chienne, mais son rythme cardiaque changea m’indiquant qu’il allait faire quelque chose, mais certainement pas ce que nous lui avions demandé. Il leva le bâton qui retomba dans ma main. Je venais de l’intercepter dans ma main. Il venait de commettre l’erreur de sa vie : il avait voulu levé la main sur mon ange.

« Tu viens de commettre l’erreur de ta vie. »

De mon autre main, je saisissais son poignet de mon autre main, le lui retournant tout en le broyant dans un craquement des plus divins.

« Alors comme sa on veut s’en prendre à mon ange ? Alors écoute moi bien, se qui va arriver à ta chienne ne sera que de ta faute. Et je te jure que je couderais tes paupières pour m’assurer que tu regardes bien se qui va suivre. »

Je désignais la fille de la tête tout en disant :

« Décidément, cet ignorant nous réserve bien des surprises. Je t ‘en prie enfant, amuse-toi bien. »

« Mauvais calcul .... Tu vas souffrir mille morts... d’abord mentalement et puis physiquement... contrairement a ta copine, elle...elle ne subira que le physique... mais toi, tu vas te repaître de voir son sang couler, de me le voir boire, de me voir la déchiqueter et sache une chose, tout les plaisirs que je vais prendre, tu vas les partager... ne suis je pas clément après ce que tu voulais me faire, petit mortel insipide... »

Sur ces mots, l’homme termina agenouillé la tête maintenue vers sa femelle. Quant à moi, j’arborais un sourire revanchard. Leurs morts auraient peut-être été plus douces s’il n’avait pas eu un tel geste. Je laissais place à l’art de mon ange qu’il se laisse aller dans toute sa splendeur.

Par Lémuria - Publié dans : Faussement Machiavéliquement Vôtre (Public Averti)
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Jeudi 31 mars 2011 4 31 /03 /Mars /2011 11:48

 

Double facette :



Cette fois, le sors en été jeté. Je ne prendrais pas de gants avec boucle d’or puisque c’était que qu’elle semblait vouloir. Peut-être aimait-elle la violence, après tout, je n’en savais rien. Cette hypothèse était plaisante, je n’allais donc pas décevoir son désir, bien au contraire, le jeu qui allait suivre serait d’autant plus plaisant. Je m’arrêtais net, un sourire au coin des lèvres. Sans me retourner une nouvelle fois ma voix s’éleva :

« Puisque la politesse semble vous décevoir, peut être devrais-je me plaire à me comporter comme mes pairs. »

J’avais trouvé sur quel terrain nous allions jouer. Ce fut décidé que je fis volte face et qu’en moins de temps qu’il en faut pour l’écrire je me retrouvais face à elle. Un inquiétant sourire aux lèvres, je m’emparais – fermement pour qu’elle ne m’échappe, mais sans violence – de son poignet.


« Inutile de crier ou de te débattre Boucle d’Or. Ce qui va suivre, tu ne le dois qu’à toi-même. »


Sans plus de cérémonie et sans lui laisser le choix, je l’entraînais à ma suite. Je ne lui prêtais guère plus d’attentions qu’aux décors qui nous entouraient. J’avançais d’un pas rapide. Qu’elle trébuche, tombe et se blesse ou non, je ne m’en souciais pas, je la traînerais au sol s’il le fallait, tant qu’elle ne se tuait pas. C’était tout ce qui m’importait, qu’elle survive pour mieux être avili par la suite. Je n’écoutais même pas si elle émettait de quelconques objections. Si elle tentait de se défaire de mon emprise, ce ne fut que pour voir mon étreinte se refermer davantage sur son poignet.

Bien entendu je pris la direction du palais, quittant le cimetière, traversant l’allée de rose qui remontait pour conduire aux marches qui remontaient vers le hall d’entrée. Je n’avais toujours aucune parole ni aucune considération pour ma « passagère ». À quoi cela m’aurait-il servit de toute manière ? Vous pouvez me le dire ? Quoi qu’elle puisse dire, quoi qu’elle puisse faire, Boucle d’Or n’en terminerait pas moins là où je l’avais décidé. Quelques dizaines de minutes à peine suffirent seulement pour que nous arrivions dans le hall d’entrée du château. Enfin je détournais les yeux vers elle.

« Serais-tu angoissée Boucle d’Or ? »

Fis-je sur un ton ironique. Je l’engouffrais alors sans prévenir dans le palais. Je ne lui laissais ni le temps de répondre, ni le temps de réagir. Nous traversions les couloirs pour enfin arriver à destination : mes quartiers. J’y avais une pièce très spécialement installée. Nous pénétrions dans mes appartements avant que j’ouvre ladite pièce pour y pousser avec force la jeune femme. Dans la pièce se trouvait un lit équipé d’entrave pour les chevilles et les poignets des esclaves. Une vitre sans teint se trouvait également là. Il y avait, en quelque sorte, une pièce « d’observation ».

« Voilà où tu vas vivre désormais et cela, jusqu’à se que je décide qu’il en soit autrement. »

La pièce faisait moins de dix mètres carré. La pièce était totalement insonorisée et sans odeur, sans lumière, uniquement avec de la chaleur. La privation sensorielle était un jeu passionnant et faisait craquer, sans exception, tous les humains, mêmes les plus solides d’entre ces misérables créatures craquaient en quelques jour.

Ce fut avec fermeté que j’empoignais la nuque de Boucle d’Or pour la faire avancer. Je la contraignais à s’allonger sur le lit en me montrant cette fois plus brutal. J’utilisais la force s’il le fallait, mais toujours en dernier recours. Une fois Boucle d’Or solidement entravée au lit de métal, je rompis tout contacte physique direct avec elle.


« Tu te prends pour une princesse, alors je vais te montrer comme l’on traite une princesse Boucle d’Or. »

Dans la noirceur totale de la pièce, je voyais comme en plein jour, mais comment réagirai ma nouvelle distraction ? Allais-je être déçu ou amusé ? Rien n’était moins sûr. Dans un premier temps, je quittais la pièce, me rendant dans mon « observatoire » après avoir verrouillé la porte. Je m’assis derrière mon poste de contrôle. LA privation sensorielle ne suffirait pas pour avoir les effets escomptés rapidement. J’allais donc ajouter la perturbation de son organisme. Je programmais alors l’allumage des lumières. Vingt secondes de lumière toutes les trois minutes et de manière continue.

Sa réaction tarderait-elle ? Elle ne me reverrait pas avant plusieurs heures.

"Je me demande ce que.. le Roi pensera en… apprenant que son jouet… p… personnel s'est vidé de son sang... sur le lit d'un autre..."

Boucle d’or était maligne, bien plus maligne que je ne l’aurais cru. Je l’observais derrière ma vitre sans teint, installé confortablement, je me délectais de ce spectacle. Elle était fière. Ce qui ajoutait déjà a tout ce qu’elle possédait pour me distraire. Décidément, cette nuit ne risquait pas d’être monotone. L’esclave du roi se prenait donc pour plus importante qu’elle ne l’était en réalité. Cela me fit rire intérieurement. Ce fut surtout la tournure de sa phrase qui m’amusa. Une vraie petite pimbêche cette Boucle d’Or. Même si elle se prenait pour indispensable, cette fierté qu’elle ressentait ne tiendrait pas éternellement, d’un claquement de doigts, surtout pour le roi, et une esclave aussi insignifiante que la précédente viendrait la remplacer. Peut-être même plusieurs.

Ce qui me plut moi ce fut cette blessure que Boucle d’Or s’infligea d’elle-même. Elle ne comptait tout de même pas s’en tirer à si bon compte ? Mourir dès à présent était illusoire, à croire que - par sa bêtise - elle n’aspirait qu’à trépasser sottement. Peut-être confirmait-elle cette rumeur sur les blondes finalement…

Je quittais ma salle d’observation, déçu de la tournure des choses. Décidément, les humaines étaient de bien pathétiques petites choses. Trop fragiles pour pouvoir apporter une quelconque distraction réelle, et trop disgracieuses pour avoir un apport d’un tout autre ordre. Passant dans mon salon, je m’emparais d’un tison et remuais les braises de la cheminée. J’avais toujours ce genre de jouet disponible dans mes quartiers. Ce fut avec ce fer rouge que je pénétrais de nouveau dans la chambre où elle se trouvait. Une nouvelle fois, je ne lui laissais pas le choix, je cautérisais sa plaie avec ce même métal chaud. Une odeur de grillé imprégnait la pièce. Cette odeur me renvoyait inexorablement à mes retrouvailles avec mon ange de ténèbres.


* Je me demande si tu n’aurais pas perdu patience depuis longtemps ma petite tête blonde… *

Oscillant à chaque fois entre agréable surprise et déception avec Boucle d’Or, je la regardais droit dans les yeux :

« Je vais te laisser une chance de faire cesser cette comédie et que jamais plus tu n’aies à te soucier de moi. J’aime jouer, mais je n’ai qu’une parole Boucle d’Or. »


Amusé de la situation, je n’étais cependant pas moins sérieux.

« Que tu sois l’esclave du roi ne change rien puisque je ne te ferais rien physiquement. Je me montre tel que tu as voulu que je sois. Je me suis montré civilisé, tu as pourtant souhaité l’animal et tu l’as obtenu. À croire que tu aimes ça. »


Mes remarques n’étaient pas totalement fausse. Je n’aurais senti aucun potentiel d’amusement en elle, je ne me serais même pas retourné. Je ne faisais pas dans les cruches disant « amen » à tout ou n’ayant de cesse de geindre inlassablement.

« Montre moi qu’une blondinette telle que toi puisse faire preuve d’esprit et d’intelligence. Je te prends pour une pimbêche qui se pense princesse. Prouve moi que j’ai tort, que je me trompe et que mon jugement a été hâtif et altéré par mes propres préjugé sur les humaines. »


Sur ces mots, je m’éloignais vers la porte de sortie, emportant le fer avec moi, mais laissant volontairement la clef de ses entraves sur la table qui se trouvait non loin d’elle.

« Si tu y parvenais, non seulement je te laisserais partir sans te suivre et nos routes ne se croiseront pas une nouvelle fois. Tu auras un véritable repas à mes frais ainsi que des frusque propres. Si tu échoues en revanche, ce petit jeu risque de durer des heures, des jours et peut-être même davantage. Je te le répète, je n’ai qu’une parole. »


Cette fois, il n’y avait aucun piège dans mes propos. Elle avait les cartes en main pour se sortir ou non de cette situation dans laquelle elle s’était elle-même mise par son arrogance. Je posais ma main sur la poignée de la porte tout en ajoutant :


« Je vais te laisser 3 heures dans le noir complet. À toi de choisir de réfléchir à comment me prouver que je me suis trompé sur ton compte, ou de dormir. »

"Peut être n'auriez vous pas tenu ce genre de discours si j'avais été une petite chinoise perdue au milieu des fauves... La Chine n'était pas un lieu particulièrement clément ces derniers siècles n'est ce pas ? A moins que vous ne fassiez partie des rares personnes qui avaient le moyen d'écraser les autres... Comme ce doit être jouissif pour vous de prendre une telle revanche sur la race humaine."

Si seulement elle avait pu savoir ce qu’il se cachait en réalité dans le noir. Si seulement avait-elle prit conscience de la réalité des choses. Fougueuse que cette humaine. Elle ne baissait pas les bras et avait du caractère, c’était le moins que l’on puisse dire. Elle n’en démordait pas et ne se laissait pas abattre. C’était d’ailleurs tout à son honneur. Ses répliques me firent cependant rire. Elle m’amusait de plus en plus.

« Puisque tu sembles si sûre de toi, je te laisserais me conter, si tu parviens à remplir ma demande, ce qui pour toi fut ma vie de mortel puisque je l’ai aujourd’hui oublié. Peut-être me rafraîchiras-tu la mémoire. »

Cette idée de me voir ma vie m’être contée m’amusait au plus haut point. Pourquoi pas après tout ? Cela ne serait que plus distrayant que de l’entendre tenter de deviner quoi que ce soit à mon sujet. Cela ne ferait que pimenter ce jeu qui déjà m’amusait au plus haut point. Quant à ce regard ponctuant ses tirades, cela ne pu me mettre que de meilleure humeur lorsque je la laissais.

Cette fois, je me montrais particulièrement clément. Si seulement elle pouvait voir. Elle serait folle de rage et se jetterait sur moi sans aucun doute. L’imaginer guidée par sa fureur m’était ma fois, une fort réjouissante perspective. Même avec toute la volonté du monde, elle ne pourrait probablement jamais représenter un danger pour moi dans sa condition humaine.

Ce fut confortablement installé que je l’observais derrière cette vitre. Il faisait noir, mais dans ma condition, je voyais tel un humain en plein jour. Sa première réaction fut de se débattre comme une furie. Du temps des valkyries, elle aurait été une excellente meneuse.

Enfin elle fit marcher sa matière grise. Elle venait de trouver mon petit cadeau : sa cheville droite était entravée moins solidement. Enfin je commençais à voir chez elle ce que je voulais. Le cri qui ponctua sa victoire sur son entrave me fit sourire. Toute victoire, aussi grande fusse-t’elle, ne s’appréciait réellement que dans la souffrance. Je me demandais quelle serait sa réaction lorsqu’elle se rendrait compte de la réalité de ce test.

Elle avait du courage, il fallait lui reconnaître cela. Quelle ironie que la moindre de ses actions lorsque l’on me connaissait réellement bien.


* Je suis certain que si tu étais près de moi mon ange, au premier regard, du aurait compris ce dont il s’agissait ici. Tu n’en apprécierais que davantage ce jeu, bien que la fin te déplairait certainement. *

Je l’observais tenter de s’emparer de la clef que j’avais volontairement laissée sur la table. La partie de semblait – dans un premier temps – ne pas prendre une bonne tournure pour la jeune femme au pied blessé. Enfin elle s’empara de ladites clefs avec ses orteils. Je ne m’étais pas trompé dans mon choix. Elle était effectivement douée et dotée d’un esprit, du moins pour une humaine.

Le temps faisait son office et Boucle d’Or n’en démordait pas. C’était visiblement une battante. Tant mieux, ce challenge – si court soit-il – allait être une nouvelle réussite pour moi. Pousser une douce femme jusqu’à la contraindre à sortir des sentiers battus, aller au bout d’elle-même, plus loin encore qu’elle ne pensait pouvoir le faire, m’était des plus plaisant.

À force de souplesse, de persévérance et d’effort enfin elle se libéra son premier poignet. L’autre et sa dernière cheville ne tardèrent pas à suivre. Enfin la liberté ne semblait plus que l’attendre. Elle passa la porte de la pièce ou elle était "enfermée". Ce fut ce moment que je choisis pour me dévoiler. Je revins près d’elle en applaudissant :


« Cette fois je m’incline, tu as effectivement réussi. Mais à présent comprends bien une chose. Ouvre les yeux, et assimile se que je voulais dire par se qu’il t’arrive est de ta faute. »


Un léger sourire satisfait et je l’installait sur une chaise que je tournais vers la pièce d’où elle venait.

« Inutile de pester, je ne reviendrais pas sur ma parole, je veux juste que tu comprennes. »

L’illusion retomba. Ladite pièce n’était plus. Nous nous trouvions dans le salon de mes quartiers. Tout ne s’était passé que par illusions que j’avais agrémenté d’images au gré de ses actions. Son cerveau n’avait fait qu’analyser les données et réagir par rapport à celles-ci. La douleur n’était qu’une information dans le traitement de donné des illusions que j’avais employé. Point de cicatrisation au fer chaud, point de blessure non plus, rien de plus qu’illusion et poudre aux yeux.

« Allons, allons Boucle d’Or, la colère ne mène à rien. Pour preuve, ce n’est que par ton esprit que tu t’es tiré de ce mauvais pas. Je peux concevoir ta colère, mais elle est inutile. »

Je me doutais fort bien de sa réaction à venir, d’où ma première remarque. J’avais eu assez de cris pour ma nuit. Nuit qui deviendrait jour dans quelques heures.

« Me crois-tu idiot au point de toucher et de réellement enfermer l’esclave d’un autre dans mes propres quartiers ? Je ne fais pas grand cas de mes congénères, même s’il s’agit du roi, je respecte cependant le bien de chacun, tant qu’on ne touche pas aux miens. »

De plus, il m’était nettement plus plaisant – du moins pour ce soir – que de jouer avec les mortel par leur psychologie. Ils étaient si faciles à duper.


« Je t’ai choisi toi puisque tu réclamais un vampire bestial et qu’au premier regard sur toi, j’ai compris que tu tenais de la tête, non de la cruche. Je voulais que tu me le démontres par toi-même et te pousser jusque dans tes derniers retranchements était pour cela nécessaire. »

Je tournais alors sa chaise à l’opposé de la pièce à présent disparue pour la tourner vers une table qui était recouverte de nourriture, belle et bien réelle, elle. Il y en avait pour un régiment, mais au moins, peut-être daignerait-elle s’alimenter.


« Ces pièces que tu as vues existent effectivement, mais tu n’y as pas mis le pied. Maintenant prends place à table et avant de te restaurer, je crois qu’il serait temps que tu ouvres la trousse à côté de toi afin que tu soignes ton épaule. »


Tout en disant cela je pris place à la table, face à elle. Mon visage était de nouveau impassible. Je saisis un verre de sang frais que j’avais laissé là en prévention de son éventuelle réussite.


« Inutile de vouloir retourner contre moi un quelconque objet qui se trouve ici. Ma folie est grande, certes, mais pas au point d’armer le bras qui sans nul doute peut avoir le pouvoir de me détruire. Soigne toi à présent et nourris-toi. Tu en auras besoin. »

Tout en disant cela, je désignais la table de la mains.

« Je t’ai dis que si tu me prouvais que tu savais te servir de se que tu as entre les oreilles tu ne craindras rien de moi. Voilà chose faite. Je suis à tes yeux cruel, mais ma parole n’en est pas moins réelle. Arme toi avant de partir. Sans nul doute qu’une dague pourra s’avérer utile dans bons nombres de situations. »


J’avais en effet placé une dague devant elle afin qu’elle puisse la prendre.

« À présent que les formalités d’usage sont terminées, raconte moi ma vie de mortel, puisqu’il y a encore quelques heures, tu semblais te venter de la connaître. Je serais curieux d’apprendre ce qu’elle fut. »

Tout en savourant mon verre, je la laissais enfin assimiler tout ce que je venais de dire et ce qu’elle venait de découvrir. J’étais certain qu’une fois fait, le résultat ne se ferait pas attendre. Peut importait, j’avais eu d’elle se que je voulais et sans une once de blessure si ce n’était celle qu’elle avait déjà à son arrivée en ces lieux.
Par Lémuria - Publié dans : Faussement Machiavéliquement Vôtre (Public Averti)
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Vendredi 25 mars 2011 5 25 /03 /Mars /2011 11:47

 

Entre néant et chaos... Que choisis tu?


Ce soir, je me montrais clément avec mon petit vermicelle. J’avais grâce ment décidé de lui accorder une nuit de répit. Ma bonté allait me perdre. Cependant, cette accalmie pour mon esclave ne durerait pas éternellement, la nuit prochaine, nous reprendrons plus en profondeur nos jeux. J’avais de « grands » projets pour lui. Des idées fourmillaient par millions dans mon esprit. Cependant je devais prendre garde : à trop en faire d’un coup, j’allais le tuer. Cette pensée me fit rire intérieurement. S’il venait à rendre l’âme, quoi que plus facile que de le remplacer.

Je flânais dans les jardins en quête d’une distraction pour la nuit. J’avançais, guidé par la douleur d’un être qui m’appelait irrésistiblement par sa souffrance. Je traversais les allées d’un pas léger et presque enjoué. Cette nuit était magnifique. Elle ressemblait à cette fameuse nuit où j’avais fait d’Alessandro Rinaldi mon amant. Un léger sourire anima mon visage en y repensant.


* Je me demande ce que tu peux bien faire ce soir petit coquin. *

Une nouvelle fois, ce filou habitait mon esprit, cependant, je revins bien vite sur « terre » lorsque j’arrivais au cimetière. Cette souffrance qui m’avait guidé jusqu’ici était à présent palpable. Je respirais à pleins poumons. Qu’il m’était délicieux de sentir ce parfum. Oh oui, encore une fois, cette nuit serait mienne, elle serait animée comme je les aime. Ce parfum si délectable était de bon augure.

Ce fut en avançant lentement au milieu des tombes que je pu voir l’objet de ma convoitise : l’être de qui émanait tout ceci. Derrière cette créature, à quelques dizaines de mètres d’elle, je pu constater qu’il s’agissait d’une humaine. Voilà qui était fort fâcheux. Qu’à cela ne tienne ! Elle serait le fruit d’un tout autre jeu et cela, bien entendu, à ses dépens.

* Ce que j'aime encore moins que les humains, ce sont les humaines, mais je suis d'humeur joueuse, j'ai envie de jouer. Quoi de mieux pour te distraire vieille fripouille qu’une carcasse en proie à la souffrance ? *

Je fis remarquer ma présence par un toussotement. Je commençais par jouer la carte de la gentillesse. Mais je savais très bien que derrière ce vernis de courtoisies, un tout autre vampire se dissimulait.

« Veuillez m’excuser de vous déranger, était-ce l’un de vos parents ? »

Un léger sourire, une allure aimable, un sourire compatissant, une proximité peu importante, quoi de mieux pouvais-je espérer pour inspirer la confiance ? Prendre une mine navrée, mais point trop n’en faut. Je ne souhaitais pas non plus dévoiler mon hypocrisie aussi rapidement. Il n’y aurai probablement plus de jeu autrement. De plus j’aimais jouer avec mes proies avant de me dévoiler.


« Veuillez m’excuser, je vous interromps alors que vous étiez en plein recueillement. »


"Je n'aurais jamais cru pouvoir vivre assez longtemps pour entendre un vampire s'excuser. La compassion en revanche, c’était peut être un peu excessif "

Un autre sourire – rien de bien nature, mais qui pourtant avait tout d’un sourire venant du cœur – et je la saluais avec politesse avant de faire mine de m’éloigner. LE chat et la sourie, le fauve et sa proie, tels étaient le genre de jeu qui me plaisait. Rien ne servait de courir, il fallait arriver à point, voilà ma devise. Je ne me précipitais jamais, je prenais toujours mon temps.

Comme à mon habitude, je me trouvais en kimono noir, avec une longue pèlerine noire sur les épaules. J’aimais l’élégance. Mes longs cheveux retombaient sur mes épaules, et comme à d’ordinaire, mes mèches blanches retombaient sur mon torse. Je dégageais de l’élégance comme ses gentlemen des siècles passés, sans trop en faire non plus. LE ridicule ne pouvait me tuer, mais je n’en étais pas partisan non plus.


* Viens à moi petite fleur, je serais tes épines empoisonnées, sous des airs de protecteur, je deviendrais ton prédateur. *

"Je ne connaissais pas cette personne. Mais j'imagine que je dois remercier cette... sollicitude dont vous faites preuve"

La jeune humaine que j’avais près de moi était vraisemblablement plus maligne que j ne l’aurais cru au premier abord. Tant mieux ! Le jeu n’en serait que plus délectable. Elle venait, en quelques paroles, de faire s’effondrer la rumeur qui prête aux blondes une stupidité affligeante, ainsi qu’un QI équivalent à celui d’un certain mollusque, n’en déplaise aux mauvaises langues. Cette petite boucle d’or me réservait de bien agréable surprises. Cette partie s’annonçait décidément fort plaisante.

Le regard et le sourire de boucle d’or m’indiquaient qu’elle se montrait défiante autant que méfiante. Je commençais déjà à m’amuser lorsque sa nervosité devint perceptible à mes sens. J’eu un léger rire presque distrait suite aux propos qu’elle tenait :

« Ainsi donc si je suis votre raisonnement, il semble que vous connaissiez bien l’hypocrisie mais peut être ne savez vous plus faire la différence entre subterfuge et sollicitude. C’est bien dommage. »

Faisant mine de m’éloigner, je l’écoutais sans me retourner et sans m’arrêter. Un inquiétant sourire de prédateur illuminait mon visage, chance pour moi, boucle d’or ne pouvait le voir. Fort heureusement d’ailleurs, autrement elle aurait probablement fuit à toutes jambes. J’aimais jouer, mais certainement pas courir. J’aimais prendre mon temps, il fallait cajoler ma proie, lui faire croire qu’elle était en confiance, la faire manger dans le creux de ma main, pour que le moment venu, elle ne sache pas ce qui l’attendait. La patience était le mot-clef et la vertu le plus importante dans ce genre de jeu.

Bien sûr parfois la lassitude pouvait s’emparer de mon être et dans ces cas-là, l’impatience me gagnait. Je pouvais me montrer bien pire que d’ordinaire, si cela était possible. Il n’y avait plus de limites à ma cruauté, plus de frein à mes envies et je laissais mes plus bas instincts ressurgir. Il était très rare que je sache m’arrêter dans ces circonstances. Cependant, pour le moment rien ne présageait cela. Boucle d’Or ne m’annonçait que du "bonheur".

Ce fut tout en avançant que je lui répondis :

« Si cela vous coûte autant, il n’en est nul besoin, au plaisir. »

Un croisement de chemin, sans me presser, je l’empruntais. Je connaissais cet endroit comme si cela avait été ma main qui l’avait dessiné. Je savais que j’empruntais un raccourci qui, inexorablement, me ferait arriver sur le chemin de Boucle d’Or. Probablement devant elle, à quelques mètres à peine. Je prenais mon temps, rien ne pressait.

Ce fut quelques minutes plus tard que j’arrivais sur son chemin et comme je l’avais prévu, j’arrivais sur le chemin avant elle. Deux ou trois minutes plus tard, je l’entendis à six, peut être dix mètres derrière moi. Un nouveau sourire se dessina sur mes lèvres. Il s’effaça lorsque je tournais légèrement la tête de côté sans m’arrêter de marcher.

« Faites attention, je vais finir par croire que vous ne savez pas vous passer de moi, que vous me suivez ou que sais-je encore. »

"Vous pouvez me flairer à des kilomètres, n'allez pas me faire croire que vous êtes surpris de me voir, c'en est presque insultant."

Un humour à double sens pour moi, car je savais ce qu’il en était. Dans la réalité, c’était bien moi le chasseur qui la traquait. Boucle d’Or était ma proie, ma distraction du moment. Elle ressemblait à un ange et quoi de mieux comme menu plaisir que d’avilir un ange ?


* Si tu la voyais mon ange de ténèbres, elle serait à ton goût, j’en suis certain.*

"Tout ceci n'est qu'un jeu et je le sais très bien. Alors soit vous êtes plus fin joueur que tous les imbéciles qui ont tenté d'y participer, soit vous êtes aussi naïf que ce que vous prétendez et vous vous êtes tout simplement trompé d'arène. Dans les deux cas je n'ai strictement aucun intérêt à avoir quelque foi en ce sourire niais que vous abordez avec tellement de fierté."
Par Lémuria - Publié dans : Faussement Machiavéliquement Vôtre (Public Averti)
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Jeudi 24 mars 2011 4 24 /03 /Mars /2011 18:03


Prénom : Cendres 
 
Âge : 23 ans  
Sexe : Homme  
 
Petit passe temps : Faire couler le sang  
 
Pouvoir : Rapidité de Cicatrisation, télékinésie (mais ne controle pas du tout) et peut bloquer les pouvoir des anges   

=====================   

 
Histoire :   


 Légende ou réalité ?

            Dans l’ancien Japon, on raconte qu’un seigneur venait d’avoir des jumeaux, deux garçon. Leur oracle leur prédit alors que l’un des deux enfants n’était autre que le fils d’un démon : Lucifer, et qu’une fois l’adolescence atteint, il mettrait à mort ses parents avant de plonger le royaume dans une mer de feu et de sang. Naturellement, les parents ne voulurent pas y croire. Cependant, au quatrième printemps de leur enfance dorée, alors que le peuple grondait après que la rumeur de la prophétie ce soit rependue dans tout le royaume, le couple royal dû se résoudre à se séparer de l’un des deux enfants. Mais comment reconnaître le fils du démon ? L’on dit que le prophète plaça une pierre entre les deux enfants endormis. Elle devait désigner lequel des deux frères était la descendance de l’ange déchu.

            Il fut dit qu’une fois les jumeaux seuls, l’aîné, qui était bel et bien le fils de Lucifer, se saisit alors de la pierre et que d’une manière occulte, il l’incorpora au cœur de son frère, s’assurant ainsi de sa propre survie. Le cadet au regard devenu pourpre fut alors désigné par le prophète comme étant le fils du démon. Pour lui, la pierre avait reconnu le malin. Si le premier-né eut une enfance dorée au palais, le second fut recueillit par une tribut barbare.

            Celui que l’on nomme « fils du démon » fut élevé dans l’unique but de devenir un guerrier. Il devint d’ailleurs le meilleur du clan. Cependant, de par la pierre en son sein, il connaissait un besoin grandissant de déverser le sang. Plus se dernier coulait, et plus il en voulait, perdant bien souvent le contrôle de lui même. Combattant contre ses propres instincts démoniaques que la pierre avait engendré, les massacres qu’il perpétuait le hantaient. Son frère quant à lui tentait par tous les moyens de garder son humanité, bien que tout comme son frère, ses plus bas instincts n’avaient de cesse que de ressurgir. L’un de ses conseillé aux intentions peu louables, lui souffla à l’oreille que tant que la pierre existait, et par la même, tant que son frère vivrait, il risquait de devenir un démon. Bien sûr cet homme n’était autre qu’un fidèle de Lucifer, mais cela, le jeune homme l’ignorait. Il entreprit lors une véritable chasse à l’homme. Cependant il fut dit secrètement, que tant que les jumeaux n’avanceront pas main dans la main, à tout moment, ils pourraient basculer de l’autre côté et à jamais perdre leur humanité.

            Traqué, le « fils du démon », tout du moins, celui que l’on nommait ainsi, était hanté par l’abandon de sa famille. Il voulait comprendre d’où lui venaient son agilité, sa soif presque intarissable de sang, et son aptitude au combat. Pourquoi cicatrisait-il aussi rapidement ? À moins d’avoir perdu beaucoup de sang, cela ne prenait que quelques minutes… Voir plusieurs heures si le sang lui manquait. Guère plus… Autant de questions sans réponses qui le poussèrent à retrouver sa famille biologique. Cette même famille qui l’avait abandonné en espérant que les barbares allaient le tuer. Sa quête personnelle le poussa donc à quitter son clan d’adoption. Il était si déterminé qu’il était prêt à semer la pagaille au sein de sa famille. Ses parents l’ayant fait passer pour mort aux yeux de ses frères et sœurs aînés, son jumeau n’ayant jamais vendu sa part de responsabilité et sa véritable nature… Sans nul doute que son retour en chamboulerait plus d’un…

            Son nom : Cendres d’Espérance… Un nom offert par son clan d’adoption  

Psychologique :   

 
            Sûr de lui au combat, il ne l’est pas vraiment avec ses congénères qui se complaisent à l’appeler « fils du démon ». Discret, introverti, peu expressif, il impose cependant le respect. Comme si l’importante place qu’occupe sa famille au sein du pays se sentait et se transmettait de père en fils. Même au combat, il garde une certaine majesté. Très calme, on dit de lui qu’il faut se méfier de l’eau qui dort.

            Ne se contrôlant pas lorsque l’odeur du sang l’entoure, il sombre dans sa folie meurtrière. Personne n’est jamais parvenu à le calmer dans ses moments-là. Deux choses cependant l’arrêtent, qu’il n’y ai plus personne à tuer, ou qu’il ai une subite prise de conscience. Dans les deux cas, il est rongé par les remords et va vraiment mal, même si extérieurement, il semble impassible et intouchable. Ce qu’il est et fait le dégoûte au plus haut point. Et s’il était réellement le fils du démon comme tout le monde le prétend ? S’il venait à considérer que oui, il serait prêt à mettre lui-même fin à ses jours…

            Il n’est pas un jeune homme qui vit, mais un homme qui surit. Cependant, loin de baisser les bras ou de se complaire dans la torpeur, il se bat pour tenter de survivre, de comprendre, de se comprendre même, et même si la menace de sa folie meurtrière gronde, il fait avec et tente par tous les moyens d’avancer.

            N’ayant jamais eu d’ami proche il ne fait pas confiance facilement. Il ignore tout de l’amour mais sait une chose cependant, les femmes ne l’ont jamais attirées. Il sait qu’aimer s’est avoir une faiblesse et une attache. Il a conscience que ses ennemis ne se gêneraient pas pour s’en servir contre lui. Souffrir de cette manière lui fit peur. De plus, au sein du clan, il a vu des couples se défaire et se faire, la souffrance du cœur le paralyse presque.

  
Physique :   


            Il est grand, tout en muscle et de carrure plutôt « imposante » sans pour autant tenir de mastodonte. Depuis que son cœur et la pierre du démon ne font plus qu’un, son regard est devenu pourpre. Il n’exprime jamais ses sentiments. Il est droit et fier. Ses cheveux noirs, souvent en bataille, renforcent l’impression énigmatique de son visage. Il n’est jamais possible de savoir ce qu’il pense. Il ne porte que des vêtements où il se sent à son aise, et rien d’autre. Pourtant bien souvent des couleurs sombre, il est rare qu’il porte du blanc, mais lorsqu’il le fait, il faut s’attendre au pire. Il porte bien souvent ses lunettes, non pas qu’il n’y voit rien, mais cela renforce l’impression de sérieux. Il ne sourit que rarement, pour ne pas dire jamais.

Par Lémuria - Publié dans : Fiche de personnage de Forum RPG
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Mercredi 16 mars 2011 3 16 /03 /Mars /2011 11:39
— 2070 —
— Libria —


2020, le monde a vécu un terrible holocauste nucléaire : une troisième guerre mondiale avait éclaté. L’humanité ne pourrait survivre à une quatrième guerre… Les survivants, atterrés par leur propre déchéance, ont cherché à trouver un remède à l'inhumanité de l'Homme envers l'Homme. D'aucun pensèrent alors que ce qui conduit l'Homme à ces extrémités est sa faculté émotionnelle, sa capacité à ressentir, à désirer, à haïr. La nature volatile de l’homme, ne devait plus être mise en péril.

Ils proposèrent alors un remède simple mais efficace contre ce mal : le Prozium.

Le Prozium est une substance puissante qui a pour effet de neutraliser les sentiments, de ne plus permettre à la haine, à la violence et à la colère d'exister ... tout comme les nobles sentiments qui ne peuvent plus s'exprimer. Ainsi, amour, passion, joie, tristesse et toutes les autres formes de sentiments existants ont été « sacrifiés » pour permettre à la société de vivre en harmonie, en paix. Nous sommes alors à la fin des années 2020.

Ce Prozium, que tous prennent désormais sans réfléchir, dans un automatisme extrême, a permis à une société pseudo religieuse de s'installer. Ainsi, il existe une vraie société hiérarchisée autour de l'ordre des Tetra-Grammatons dont la tête est le Père et dont la main exécutive, les soldats de l'ordre, sont les Recteurs Grammatons.

Ces Ecclésiastes sont formés à la détection et l'éradication des déviants émotionnels (des rebelles qui refusent de prendre leur Prozium ou qui osent ressentir des sentiments et protègent des oeuvres d'art proscrites par le Tetra-Grammatons). Ils ont, pour les aider dans leur tâche, développé un art martial d'une terrible efficacité : le « Gun-Kata » qui leur permet d'êtres bien plus efficaces et meurtriers que tout autre belligérant tout en restant statistiquement en dehors des trajectoires les plus fréquentes de ripostes.

Cela leur permet de juguler la montée des rebelles, et même de les affaiblir, voire de les faire disparaître à courte échéance.

Au cours d'une « descente aux enfers » (comprendre « éradication d'un groupe de rebelles », les enfers étant le monde extérieur à la cité Libria, un monde qui dévasté, dernier témoin des guerres passées), John Preston, le plus haut gradé (et le plus doué puisque disposant d’une aptitude particulière : l’empathie anticipée, il ressent les émotions des autres avant que ceux-ci en ai eux-mêmes conscience) des Recteurs Grammaton, s'aperçoit que son coéquipier, Errol Partridge montre quelques signes d'une possible déviance émotionnelle. En parfait Recteur Grammaton, Preston le dénonce à son supérieur, et se charge de l'éliminer. Mais cet événement le perturbe quelque peu, malgré le Prozium.

Preston se retrouve alors avec un nouveau coéquipier, Peter Brandt et tout recommence comme avant... ou presque. Puis, un jour, Preston casse par maladresse son ampoule de Prozium et ne parvient pas à s'administrer sa dose à temps. Il commence alors à ressentir des émotions. Mais étant premier des Recteurs Grammaton, il ne peut pas le montrer sous peine de mort. Les sentiments qui l'assaillent - depuis qu'il a refusé de prendre sa dose - commencent à le pousser à la révolte contre le système.

C'est alors que Le Père décide de lancer la destruction totale et définitive de tous les déviants émotionnels.


— 2080 —
— Équilibria —
— La Nouvelle Libria —


Dix ans se sont écoulés depuis que la supercherie du Tetra-Grammatons a été dévoilée au grand jour. La cité se nomme désormais Équilibria. John Preston – qui est le bras vengeur de l’ancienne résistance – a permis une prise de conscience. Les usines de Prozium ont été détruite, l’ordre des Recteurs Grammatons est officiellement révolu. Peter Brandt n’est plus, le Père n’est plus, mais, contrairement à ce que l’on pensait, Errol Patridge demeure.

Mais la réalité, quelle est elle ?

Deux civilisations, deux « mondes » se confrontent au grand jour désormais.

Une partie de la population a retrouvé ses sentiments, les anciens membres de la résistance peuvent vivre aux grands jours. Ils ne sont plus considérés comme étant des déviants et de ce fait, ils ne se voient plus sous la menace d’une incinération et se font désormais nommer bien souvent les "Vivants". Ceux qui redécouvrent les sentiments connaissent progressivement une certaine adaptation. Renouer avec leur nature n’est pas une chose aisée.

La charge de John Preston est désormais de veiller aux intérêts des « Vivants ». Ces derniers, afin d’assurer leur pérennité, ont vu la nature leur offrir deux cadeau : une longévité bien supérieure à la moyenne, puisque l’un des plus anciens – Errol Partridge – va fêter ses 61 ans, mais son corps n’a pas bougé. Il semble toujours avoir 45 ans. Les retombées des explosions des usines de Prozium ont eu pour effet de les rendre insensible au temps tout être ressentant des émotions. Le second cadeau fut une acquisition non seulement d’une célérité peu commune, d’une force hors du commun, mais aussi, pour les plus « matures », de certains dons particuliers…

Le reste de la population a monté une usine clandestine de Prozium. Ils continuent de vivre de la même manière qu’ils le faisaient dix ans plus tôt. Ordre, discipline, similarité, et sentiments prohibés, sont leurs mots d’ordre. Si certain d’entre eux ont rejoints l’autre « clan », d’autres se sont convaincu du bien fondé des idées des premier et ont grossi leur rang. Ce semblant d’ordre, aujourd’hui illégal, vit en pleine clandestinité.

Mais alors, comment cohabitent-ils ?

Ils sont capturés par ceux qui furent jadis la résistance et qui se font appeler désormais les « Vivants ». Ils sont désormais contraints de ressentir toutes ces choses auxquelles ils ont renoncé. Les rôles sont inversés. Ils sont traqués et capturés. Il n’y a cependant aucune crémation comme jadis… Ils sont réduits à l’esclavage s’ils refusent de renouer avec les émotions. Devenus serviteurs ou cobayes pour les moins bien lotis, ils ne peuvent que plier sous le poids des sentiments.

Cependant, la nouvelle composition du prozium exige – pour les plus dépendants – un temps considérable de sevrage. Les doses injectées, se doivent d’êtres diminuées avant d’être supprimées, sous peine de voir le « patient » décéder.

À la tête de ce nouvel ordre ou désormais chasseur est proie et où proie est chasseur, un seul homme : John Preston. N’ayant jamais éprouvé de sentiments ou de sensations, il les découvre lentement un à un et apprend à les assumer autant qu’à les affronter. Le soulèvement pour parvenir à cette nouvelle air dans l’histoire de l’humanité, lui a coûté particulièrement cher : femmes en enfants ne sont plus. Si sa femme avait été tué par le Tetra-Grammatons du temps ou John ne ressentait aucune émotion, il en fut tout autre de sa descendance… Jamais il ne revit Errol Partridge, son ancien coéquipier. Par honte, ou appréhension… Nul ne le sait. Cet homme, ce John Preston n’est autre que moi…


La vie à Equilibria

La ville :
La ville se développe autour de la tour principale où se situent les quartiers de John Preston ainsi que le serveur central.

Autour ce cette tour, se trouve le quartier des affaires, où se situent notamment les cliniques qui servent au cure de désintoxication au Prozium ainsi que les quartiers du chef de la milice et les prisons où attendent les esclaves sans maître.

Ensuite, se trouvent les quartiers résidentiels et commerçants.

La limite de la ville est caractérisée par une grande muraille qui en fait tout le tour. Cette grande muraille est gardée jour et nuit par des gardes en fonction. Seules deux portes officielles permettent de sortir de la ville.
A l’extérieur se trouve le territoire des Libriens composé en premier lieu des ruines de la ville de Libria ainsi que d'une sorte de désert où subsistent quelques arbres et plan d’eau près desquels ont été fabriquées les usines illégales de Prozium.

Et tout autour de ce paysage désertique, des montagnes de pierres noires inaccessibles empêchent le passage et la découverte de nouveaux mondes.

Le serveur central :

Le serveur central est un énorme ordinateur qui concentre toutes les informations sur tous les Equilibriens et Libriens. Il aide la milice à sa tâche et est régulièrement mis à jour.

Seul deux personnes y ont accès, le chef de la milice et John Preston.

La milice :

La milice est composée d’une dizaine d’Equilibriens triés sur le volet. Ils doivent être d’anciens déviants et subissent des tests pour s’assurer de leur loyauté et de leurs conditions physiques.

Elle a pour mission de repérer les Libriens et des les capturer afin de les asservir.

La milice est secrète et personne ne sait qui en fait partie. Si un jour, un Equilibrien se trahit, il sera éjecté de la milice et un nouveau Equilibrien se retrouvera embauché.

La milice est dirigée par un Chef qui pour le moment est Izaëlle Daline.

L’argent et le travail :
A Equilibria, l’argent n’a aucune valeur et tout le monde est égalitaire. Les Equilibriens travaillent par civisme et les tâches difficiles sont laissées à la charge des Libriens.

Les naissances :
Pour les « Vivants », anciens déviants, les naissances ne sont pas contrôlées, seule une limite de trois enfants par famille est demandée afin d’éviter la surpopulation.

En ce qui concerne les « Nouveaux vivants », des tests sont nécessaires afin de s’assurer de leur équilibre mental suite à la découverte des sentiments, ils sont ensuite soumis à la même loi que les anciens déviants.

Pour les Libriens, les naissances sont interdites et surveillées de près. Dès qu’une femme est enceinte, elle est enlevée et commence alors pour elle un sevrage de Prozium. Une fois qu’elle commence à avoir des sentiments, elle est alors avortée de force avant d’être placée dans le magasin pour devenir esclave.
Par Lémuria - Publié dans : Les légendes de Faelle
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Jeudi 10 mars 2011 4 10 /03 /Mars /2011 11:37

 

« Je ne sais pas vraiment ce qui a fait que tu as perdu la mémoire. Scientifiquement parlant, cela s’explique, mais pourquoi cela t’es spécialement arrivé… Je n’en sais rien. Pour faire simple, tu as fait une amnésie. N’approfondissons pas là-dessus pour le moment. Je peux comprendre le fait que tu sois complètement déboussolé, que tu ne saches comment prendre toutes ces nouvelles. Tu es pressé de savoir, mais d’un autre côté tout cela est trop rapide pour ton esprit qui n’est pas tant préparer que cela n’est-ce pas? S’il y a bien une chose que tu dois retenir de moi, c’est que je ne cherche pas à te nuire, quoi que je fasse. Et il en sera toujours ainsi. Nous sommes liés par le sang. La réponse à ta question « qui suis-je ? » va de paire avec la réponse de la question « qui êtes-vous ? ». Mais pour comprendre notre lien, il faut que tu acceptes ta véritable nature, une bonne fois pour toutes… »

Ce qui me surprit, ce fut cette sollicitude venant de lui. Je n’étais pas habitué à cela et encore moins d’un homme qui était pour le moment, à mes yeux, un inconnu. J’avais effectivement compris qu’il était la clef de mon passé, mais ce que je ne comprenais pas était le fait qu’il veuille me ménager… Qu’avais-je de si lourd à porter ? Cela avait-il un rapport avec ce cauchemar que je faisais chaque fois que je fermais les yeux, et parfois même éveillé ? J’esquissais un léger sourire reconnaissant en entendant ces paroles.

Cet homme me connaissait réellement bien, il avait raison, il serait apparu devant mes yeux d’un seul coup, je me serais indubitablement braqué avant de trouver une parade pour m’éclipser. J’avais de plus en plus l’impression que je ne pouvais rien lui cacher, certes, mes précédentes paroles avaient pu le guider dans ses propres réflexions, mais il avait compris que je voulais savoir mais que pour certaines choses, je n’étais pas prêt, ou peut-être que je ne voulais pas l’être…


°°° Rêve ou Réalité ? °°°

Je fus surpris qu’il me dise que nous partagions le même sang. Cela signifiait que nous appartenions à la même famille ? Ou peut être que quelque chose m’échappait une nouvelle fois… Ou plutôt, je ne voulais pas reconnaître ce qui pourtant était l’évidence et qui expliquerait très certainement beaucoup d’élément qui restaient – à mes yeux – sans réponses. Ses paroles raisonnaient en mon esprit, j’en comprenais le sens, j’en cernais la cause, mais j ne voulais ni admettre les raisons, ni reconnaître les conséquences.

« Dis-moi… Cela ne te surprends pas que je puisse te dire que j’étais cette présence immatérielle qui était à côtés durant des nuits entière, mais tu n’arrives pas à croire ton amie humaine alors que chaque nuit tu vois défiler des dizaines de buveurs de sang… »

Mon interlucuteur marqua une pause avant d'ajouter :

« Pourquoi as-tu peur d’admettre que tu es un vampire ? »

Lorsque sa main vint chercher mon menton pour relever mon visage vers lui, je n’avais plus aucune échappatoire pour fuir son regard. Sa dernière question tomba presque comme un coup de massue. La « réalité » à laquelle je m’étais attaché, cette même réalité que je m’étais inventé, m’échappait. Elle glissait entre mes doigts comme le ferait de l’eau. J’avais beau tenter de la retenir, elle s’en allait inexorablement, insaisissable tel le vent. Il me fallut de longues minutes avant de parvenir à défaire ce nœud dans ma gorge qui c’était formé. Je rompais enfin ce lourd silence d’une voix mal assurée :

« Parce que peut-être que je ne veux pas être semblable aux autres ici… Parce que peut être que je ne veux pas croire que je suis condamné à me nourrir du sang d’animaux, ou pire, de gens… Parce que peut être que je veux faire de mal à personne… Parce qu’il est plus facile de croire et d’accepter une maladie, plutôt que… Ça… Parce que peut être que je suis lâche et que je préfère mon monde imaginaire que je connais à la réalité où je ne maîtrise rien… Peut-être pour tout ça en même temps, je n’en sais rien… »

La mort de cet enfant auquel je m’en étais prit lorsque cette faim animale, cette faim bestiale, avait prit le pas sur ma raison… Un enfant représentait à mes yeux l’innocence, l’insouciance, le plus beau des joyaux, un ange… Je ne pouvais admettre que je m’en étais prit à l’un d’eux et encore moins que j’avais causé sa mort. Peut-être étais-je punis pour mon crime ? Cela faisait tellement de « peut-être » pour si peu de certitudes…

°°° Cauchemar ou illusion ? °°°


Lorsqu’enfin je parvins à me libérer de son regard, plusieurs dizaines de minutes s’écoulèrent avant que je prenne la parole une nouvelle fois. Je fixais le sol inexorablement, n’osant plus affronter son regard. Avais-je honte ou réalisais-je ma bêtise par cette manie de me renier l’évidence en bloc ? En cet instant, je n’en avais pas la moindre idée.

« Qui est Morgann ? Ce nom me revient, mais je ne sais rien de cette personne. Je ne sais même pas s’il s’agit d’une femme ou d’un homme, pourtant, l’évocation de ce nom me fait froid dans le dos… Je me suis réveillé plusieurs fois en disant ce nom… »

Ma voix était basse, comme si j’avais presque peur d’être entendu et que cette personne apparaisse. Je marquais un temps d’arrêt, me demandant si je devais poursuivre ou non. Comme pour appuyer mon hésitation, je repoussais du pied la terre gravillonnée qui se trouvait devant moi. Ne relevant pas mon regard, je me lançais une nouvelle fois sur ce même ton après quelques minutes qui me parurent être une éternité :

« Lorsque j’arrive à m’endormir, je fais toujours le même rêve. C’est plutôt un cauchemar… Ça a commencé quand j’ai cherché à creuser ma mémoire. Il y a trois ombres, dont deux au sol et la troisième est celle d’une femme… Elle me demande quelque chose et ensuite il y a un incendie et des bruits plaintifs… Ça vous évoque quelque chose ? »

Lentement, j’osais enfin relever le regard vers lui.


« Pourquoi ai-je une peur déraisonnée du feu ? Même une simple bougie me met mal à l’aise… »


Si je dormais si peu, c’était pour ne plus refaire ce cauchemar qui me mettait à chaque fois dans tous mes états. Je fuyais, comme à mon habitude, mais sans embarcation pour m’empêcher de faire naufrage, cette solution ne me faisait pas perdre la raison. Je dormais quelques heures le jour, lorsque je ne dormais pas, je restais avec Alyssia ou je restais terré dans mes quartiers, et la nuit, il m’arrivait de m’assoupir d’épuisement, plus que par envie.


°°° Souvenir ou fantasme inconscient ? °°°


« Vous aviez raison tout à l’heure, je crois que si vous aviez surgit devant moi sans prévenir, je me serais probablement dérobé… Vous avez aussi dit que nous sommes liés par le sang, nous sommes de la même famille ? Qui êtes-vous pour moi ? Vous semblez me connaître plus que je ne me connais moi-même, c’est déroutant… Et en même temps... Venant de vous... Rassurant... Je ne saurais l'expliquer »

Tentais-je une nouvelle fois de fuir par ce changement de sujet ? Je ne saurais le dire. Tellement de questions naissaient que je ne savais plus par quel bout les prendre ou comment démêler ce sac de nœud.

« Ainsi tu préfères te tromper toi-même, rester dans ta belle illusion en ayant pleinement conscience au fond de toi que tout ce que tu t’imagines n’est pas vrai, que la réalité est loin d’être celle dont tu avais rêvé. Je préfère être honnête avec toi. Si tu ne t’acceptes pas en tant que vampire, tu ne survivras pas… sur le plan moral et psychologique tout du moins. Tu finiras par devenir fou. Acceptes-toi, cela ne te rendras que plus fort. Les vampires existent, et tu fais partie de ces gens là. Tu crains le soleil, un pieu planté dans le cœur te paralyse, et te nourrir de sang n’est pas un besoin sadique mais un besoin vital. Les humains mangent bien des lapins, des moutons, des chevaux… et même les végétaliens se nourrissent d’organismes vivants. Eux pour manger, ils doivent automatiquement tuer. Et quelque chose me dit que pour toi cela est normal n’est-ce pas? Cela fait partie de la chaîne alimentaire, la nature a fait les choses ainsi. Il en va de même pour le vampire. Il se nourrit de sang, cela sort de l’ordinaire mais n’a rien de surnaturel. Et contrairement à ce que tu peux croire, tu n’es pas obligé de tuer systématiquement pour pouvoir te nourrir… au contraire des humains, qui eux, ne laissent pas la vie sauve à ce qu’ils mangent. Laquelle des deux situations est la plus dramatique d’après toi? Oh je peux comprendre que sentir un humain se débattre et piailler comme une poule que l’on va s’apprêter à égorger peut parfois glacer le sang. Mais ton sang est déjà froid. Pour ma part, je ne vois pas ce qu’il y a de dramatique là dedans. Il n’appartient qu’à toi de tuer ou non celui ou celle qui te serviras de nourriture. Tout est une question de choix, croire qu’un facteur irrationnel décide pour soi, c’est s’avouer vaincu avant même d’avoir commencé à participer. Écoute jeune homme : tu es libre de te croire le héros principal d’une tragédie shakespearienne. Laisses moi te dire que si tu penses ainsi, les choses finiront forcément mal, et tu ne pourras t’en prendre qu’à toi-même. Mais quoi que tu fasses, vampire ou non, il n’appartient qu’à toi-même d’être une brute sans cœur et sanguinaire, ou de rester fidèle à toi-même. Chaque vampire autour de toi est ce qu’il est car il a fait un choix : profiter abusivement de cette nouvelle puissance, s’en servir pour s’élever intellectuellement ou encore l’ignorer autant que faire ce peut afin de rester le plus humain possible… tout en ayant conscience que cela est parfaitement impossible. »

Ce fut étrange cette sensation au contacte de sa main sur mon épaule. C’était comme si elle me réchauffait de l’intérieur. Pourtant, comme par réflexe, je posais ma joue contre elle - comme si je cherchais un quelconque réconfort en son contacte – sa peau était tout aussi froide que la mienne. Comment se pouvait-il qu’à l’intérieur, je ressente tout l’inverse…

Je l’écoutais avec attention, m’abreuvant de ses paroles comme de l’eau d’une rivière. Il avait une manière de m’amener les choses qui rendait moins « cruelles » le fait de devoir boire du sang pour survivre… Pourtant…


Je ne parvenais pas à me défaire de cette image sanguinaire qui collait à mon idée du vampirisme. Je le regardais sans mot dire écoutant chacune de ses paroles et réfléchissant sur chacune d’entre elles. Était-ce la mort de cet enfant que j’avais causé que me faisait me voiler la face ? Était-ce les dires de Taryn au sujet des habitants de cet endroit qui me faisait tout refuser en bloc ? Peut-être que dans le fond, comme un enfant, j’avais tout simplement peur de ce que je ne connaissais pas – ou plutôt – de ce que je ne connaissais plus.
 
Je finis par murmurer :

« Pourtant, je m’en suis pris à un enfant… Je ne supporte pas l’idée que ça puisse se reproduire. Je ne supporte pas la souffrance dans le regard des gens, et encore moins quand c’est moi qui l’engendre… »

« L’épisode de l’enfant t’as visiblement laissé beaucoup de séquelles. Est-ce le fait qu’il s’agissait d’un enfant ? A sa place il aurait s’agit d’un vieillard, aurais-tu eu la même réaction ? Ou bien est-ce le fait d’avoir tué tout simplement, qui te fais un tel effet? Si cette dernière hypothèse est la bonne laisses-moi te dire une chose : tu t’en es pries à cet enfant parce que tu ne savais pas qui tu étais. Lorsque l’on nie, ou lorsque l’on ignore, il est plus difficile de se contrôler. Faire face à la réalité, c’est mieux l’appréhender, mieux l’affronter… et ainsi faire le moins de dégâts possible… Comprends-tu un peu mieux tout ce qu’implique le fait que tu t’acceptes en tant que vampire ?»

S'en-en suivit un lourd silence avant qu'il ne reprenne.

« Laisses-moi te donner un conseil qui pourra te servir dans bien de situations… Ne te torture pas l’esprit avec bon nombre de questions existentielles, oublies-les, la plupart s’avèrent complètement inutiles. Pose-toi plutôt les bonnes questions… »


« C’est étrange comme on souhaite toujours ce que l’on ne possède pas… J’aimerais retrouver la mémoire, mais j’aimerais aussi oublier cet enfant… »


« Tout n’est pas toujours facile dans la vie… même lorsque l’on est déjà un peu mort… L’épisode de l’enfant est tragique à tes yeux. Acceptes-le, vis avec. Tu n’as pas le choix de toute façon. Nous avons tous nos côtés sombres, nous avons tous fait des choses qu’on aurait bien aimé oublier… Et ne t’inquiètes pas pour ton passé. Tu t’en souviendras, ce n’est qu’une question de temps… »

Mes paroles tenaient plus de la pensée à voix haute que de réelles phrases à l’intention de cet homme. Le silence s’installant, je réfléchissais. Si j’acceptais d’admettre ce que mon esprit rejetait de toutes ses forces, que me resterait-il ? Que se passera-t’il ensuite ? Vais-je une nouvelle fois me retrouver seul au final ? La solitude… C’était bien une chose qu’il m’était de plus en plus pénible à supporter. Pourtant, je fuyais le monde – par peur d’une nouvelle fois de m’en prendre à quelqu’un – qu’avais-je connu par le passé pour supporter avec autant de mal d’être seul ? Avais-je connu quelque chose de si fort que son absence était comme un coup de poignard dont la lame restait dans ma chaire afin de mieux tourner sur elle-même et de s’encrer toujours plus loin en moi…

« Et si… Si j’arrivais à accepter tout ça… Je me sentirais toujours aussi seul ? »

« C’est difficile à dire. La solitude va et vient, arrive et puis repart. Accepter ne pourra être que bénéfique pour toi. Quand à savoir si tu seras toujours aussi seul, rien ne le prétend. Tu sais, même les hommes mariés et heureux en amours n’en restent pas moins seuls. Face à un coup dur, à un évènement délicat, chacun doit porter son fardeau seul… Les autres ne peuvent rien faire, c’est dur mais c’est comme ça. Ce n’est peut être pas la réponse que tu attendais, mais je n’ai pas envie de t’entretenir dans des illusions… Mais quoi qu’il arrive, des gens seront là pour t’aider, te soutenir. Il y aura toujours une main tendue, qui n’attendra qu’une seule chose : que tu la saisisses. Je t’ai observé depuis ton arrivé ici. Ne t’es-tu pas déjà lié à une humaine? Je ne suis pas le mieux placé pour dire où tout ça mènera –je ne connais rien de vos conversations- mais peut être qu’elle ne te laissera pas facilement… Et puis il y a moi… Même lorsque tu étais au summum de ta solitude je me trouvais dans les parages. Être vampirisé, c’est recevoir une malédiction, avant tout. Ceux qui sont vampires en ont parfaitement conscience, alors il est rare que l’un d’entre nous donne un baiser vampirique par hasard, avec désinvolture. Je n’ais pas voulu nous lier pour l’éternité pour finalement te laisser choir… Souviens t’en, quoi qu’il puisse advenir par la suite… Je t’en serais reconnaissant… »

Réflexions personnelles une nouvelle fois formulée à voix basse sans m’en rendre compte. Lorsqu’une ombre passa sur son visage, je me demandais ce que j’avais pu dire pour ainsi l’affecter. Etaient-ce mes paroles qui avaient éveillé de douloureux souvenirs, avais-je fait quelque chose par le passé ? « Choisi qui vivra ou les deux périront »… Cette phrase me revint une nouvelle fois me faisant me demander si ce n’était pas plutôt quelque chose que je n’avais pas fait qui avait entraîné chez lui pareille réaction…


« Le feu ? C’est normal que tu en aies peur. Tout vampire craint le feu. Une flamme te touche et tu peux considérer que c’en est fini de toi… »

Mon interlocuteur détourna ma question, en n’y répondant que partiellement, comme pour ne pas réveiller quelque chose. Je sentais qu’il y avait une autre raison sur ma peur. Il devait y avoir une cause plus grande à cette terreur déraisonnée. Le soleil me brûle et pourtant, je m’en méfie, je n’en suis pas à ce point paniqué. Je préférais ne pas insister. Je ne voulais pas lire que chez lui aussi j’avais causé du tort.

Ce fut son sourire qui suivit qui me rassura alors que je le suivais du regard.


« On ne naît pas vampire, on le devient parce qu’un autre nous à donner un baiser, un baiser vampirique. Cela consiste en un échange de sang. En résumé, le vampire donne de son sang à l’humain, qui, au bout de vingt quatre heures éprouvantes voire même horribles durant lesquelles son organisme se transforme devient vampire à son tour. Le nouveau vampire devient l’infant de celui qui l’a fait, qui est alors son sire. Les liens entre sire et infant sont très puissants, presque plus puissants que ceux qui unissent un père ou une mère biologique à son enfant. Il en va de même, ou plutôt en allait de même pour nous. Je suis ton sire, c’est moi qui t’es fait ainsi, tel que tu es. »


Mon visage marqua la surprise de ces dernières révélations. Cela expliquait pourquoi j’étais apaisé et rassuré en sa présence. D’un côté j’étais heureux de ne pas me souvenir de ces vingt-quatre heures dont il me parlait – celles-là mêmes qui précédaient ledit baiser vampirique – car d’après ses dires, cela n’avait rien d’agréable… D’un autre côté, cela me fit regretter le lien dont il parlait, celui qui, quelque par, nous unissait d’après ses explications. J’assimilais ce dernier comme étant en quelque sorte un membre de ma famille, ou plutôt, un père. Étais-je en pleine acceptation de ma condition ?

« Vous êtes en quelque sorte… Mon père ? »


Laissais-je m’échapper un peu maladroitement. Je le regardais cherchant à me souvenir de lui dans le chaos de ma mémoire. Je le fixais avec insistance, mais sans avoir une once de défit dans le regard cependant. Je m’accrochais aux lignes de son visage comme à une bouée de sauvetage. Je cherchais à entrevoir quelque chose, même une infime image, une bribe de paroles, une sensation ou que sais-je encore. Je sentais ce besoin que me remémorer quelque chose qui me rappellerait le lien dont il parlait.

« Ton père ? On peut dire ça comme ça, en effet… "


Tout se qui me revins ce fut un air de violon. Je fermais les yeux afin de m’y accrocher. Je cherchais en quelles circonstances je l’avais entendu. Inconsciemment, je le fredonnais comme pour m’y accrocher et ne plus le laisser me quitter. Ce fut vain, il me quitta cependant, malgré mes efforts illusoires. Lentement, j’ouvris de nouveau les yeux pour le regarder.

« Quel est votre nom ? Et quel est le mien ? Je ne me souviens que de votre visage… Pas même du mien. »

Mon regard se posa à la surface de l’eau de la fontaine, mais mon reflet y était toujours absent. Ce fut en cet instant que je remarquais pour la première fois que lui non plus n’en avait pas. Je passais mes doigts sur la surface de l’eau comme pour la rider afin que plus rien ne s’y reflète.


« Ai-je toujours été à ce point différent ? Ai-je toujours vécu dans mon monde ? N’ai-je jamais supporté la violence ? Comment nous sommes-nous connu ? Comment étais-je lorsque j’avais ma mémoire ? Et comment étais-je avec vous ? »


Je relevais les yeux vers lui esquissant un léger sourire avant de m’excuser :


« Je dois vous agacer avec mes questions, j’en suis désolé, mais j’ai tellement de questions que ma tête va éclater à moins qu’elle ne surchauffe avant… Vous n’êtes pas trop déçu de se que vous avez trouvé avec moi ? Je ne parle pas que d’aujourd’hui, mais aussi, d’avant. »


C’était comme si je recherchais sa bénédiction, son aval. J’étais un peu comme un enfant ayant la crainte au ventre de décevoir. Oui, c’était bien cela, face à lui, je n’était plus qu’un enfant, plus que face à n’importe qui et bien plus que je ne l’avais probablement jamais été

" Nous nous sommes rencontrés dans un petit village, il y a 88 ans de ça… Tu es plus vieux qu’il n’y paraît n’est-ce pas ? Je tenais une pharmacie, la nuit. Un soir, tu es venu pour acheter des médicaments, pour l’un de tes proches. Nous nous sommes mis à discuter, tu es revenu trois jours plus tard avec une bonne bouteille de vin. Ce fut ainsi que nous avons commencé à tisser des liens… Bien sûr, au fil du temps tu as commencé à comprendre que quelque chose ne tournait pas rond en moi, à cause de mon hygiène de vie. Dans le monde humain, un vampire isolé doit faire attention, car il peut s’avérer extrêmement faible. Je n’avais donc que peu de solutions : disparaître de ta vie, te faire disparaître, ou te vampiriser. J’optais pour la dernière solution.Concernant ta personnalité… Tu étais quelqu’un de particulièrement intelligent, et beaucoup plus subtile qu’il n’y paraissait, peut être même plus subtil que moi. Tu étais curieux, et avide de découvrir de nouvelles choses. Autant dire que déjà tu posais beaucoup de questions… Alors ne t’inquiètes pas pour moi, avec toi je suis largement habitué… Nous étions plutôt complices, je dois bien avouer que je ne me suis jamais senti aussi proche de quelqu’un… Tu n’aimais pas la violence gratuite, et, comme aujourd’hui, tu as eu du mal à boire du sang au début… Mais finalement tu t’y es habitué, même si souvent j’étais obligé de passer après toi pour ne laisser… aucune trace… Quand à savoir si tu m’as un jour déçu… La réponse est oui. Mais est-ce que ça a changé quelque chose au final ? Regarde, je suis toujours là… Toi aussi tu as été déçu par moi, enfin je suppose… Ou en tout cas, arrivera le jour où je te décevrais, c’est toujours comme ça… Quand à mon nom… »

Il marqua une pause comme pour faire durer le suspence avant de reprendre :

« Tu peux m’appeler Yanes, Yanes Salvary… Et toi tu es… Rickaël Satori… C’est un très beau nom. »
Par Lémuria - Publié dans : Un Vampire Amnésique
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Vendredi 4 mars 2011 5 04 /03 /Mars /2011 11:31

 

Réponses ou interrogations ?



La nuit venait à peine de tomber lorsque je quittais les quartiers que l’on m’avait octroyé. Cela faisait plusieurs semaines à présent que j’étais arrivé en ces lieux, ou plutôt, que j’avais échoué ici. Je laissais Alyssia découvrir cet endroit à sa manière, n’imposant pas ma présence à tout bout de champ, afin qu’elle puisse se familiariser avec sa nouvelle vie. Je lui avais, bien entendu, donné de quoi se défendre, ainsi que des avertissements sur les menaces bien réelles dans les murs de cette prison d’or et de diamant. Je n’avais toujours pas revu Taryn, je ne pouvais m’empêcher de me demander si tout allait bien pour elle. J’avais conscience que je lui devais beaucoup. Elle m’avait tendu la main lorsqu’il l’avait fallu et d’une statue d’argile, elle avait fait de moi – du moins à ce qu’il me semblait – un homme. J’étais comme toujours vêtu de cette même chemise bleue, de ce même pantalon noir et de ces mêmes chaussures trop grande –qui me convenaient cependant parfaitement avec les deux paires de chaussettes que je portais - que la jeune femme m’avait gracieusement offert quelques semaines plus tôt. Ils étaient d’ailleurs les seuls vêtements que je possédais.

Je longeais l’interminable couloir avant d’emprunter les escaliers. Comme toujours lorsque j’étais seul – routine nocturne- j’empruntais ce même chemin avec pour seuls compagnons, mon journal et ma mine de plomb. Je passais cet interminable couloir sombre qu’était le hall d’entrée tout en adoptant l’attitude dont mon « ange gardien » m’avait parlé afin que je ne m’attire pas davantage d’ennuis que je n’en avais déjà. Je me tenais droit, j’avais l’air fier et bien que mon regard toisait le monde, le bleu de mes yeux n’en trahissaient pas moins mon trouble intérieur. Éternelle routine pour moi que de me rendre près de la fontaine pour m’y asseoir. Si j’en avais été capable, j’aurais soupiré. Ma manière d’être – ou plutôt de paraître – changea : j’étais de nouveau tel que je suis : troublé, perdu et mal assuré.

La nuit était particulièrement claire, la lune, ronde, dessinait ses courbes à la surface de l’eau. Les étoiles illuminaient son manteau d’encre. Assis sur le marbre taillé je fixais son reflet alors que le mien semblait toujours refuser de s’y refléter. C’était pour mon esprit égaré, à la fois rassurant et très perturbant. Troublant parce que je ne savais pas moi-même à quoi je ressemblais. Comme pour en rajouter à mon mal être, cela ne faisait qu’étayer la thèse vampirique que Taryn avait avancé. Cette dernière se dessinait de plus en plus nettement devant mes yeux. Elle écrasait inexorablement la vaine illusion à laquelle je m’accrochais avec toute la ferveur, la hargne et l’énergie dont j’étais capable ; à savoir celle d’une maladie rare alors que je ne pouvais concevoir le surnaturel.


* Ou peut être que je ne le veux pas et que ce serait pour cette raison que je ne le peux pas… *

Mon absence de reflet me confortait pourtant en même temps. Paradoxal n’était-il pas ? Je ne pouvais savoir si je tenais plus de l’homme ou de l’animal en ne me voyant pas moi-même. Lorsque je perdais tout contrôle de ma personne, dans mon esprit, j’apparaissais comme une sorte de créature monstrueuse assoiffée de sang. Il m’était plus facile de ne pas avoir de confirmation ou d’infirmation sur cette pensée.

Perdu dans mes pensées, adossé à présent contre la fontaine, je passais ma main sur la surface de l’eau, faisant glisser cette dernière entre mes doigts. J’aimais son contacte, son bruit, elle m’apaisait. Avais-je eut par le passé une expérience avec elle qui expliquerait ce sentiment qui m’envahissait à son contact ? Je faisais danser la lune sur la surface de l’eau par de petites ondes. Qui d’autres pouvait se vanter d’entamer une danse avec l’astre de la nuit ? Brève illusion enfantine et puérile, mais ô combien plaisante…

J’étais bel et bien une bouteille vide dont l’air était m mémoire. Je me trouvais ballotté au gré des vagues et des vents, essuyant parfois la colère de la mer au travers de mes mauvaises expériences. Tantôt vers le large, tantôt vers le rivage, je subissais plus que je ne vivais ; mais jamais une certitude constructive ne me venait, hormis celle-ci : mes souvenirs se trouvaient quelque par dans mon esprit et ne demandaient qu’à se dévoiler, il me fallait trouver comment. Mes questions, de plus en plus pesantes, me hantaient constamment. Fort heureusement pour ma raison, les brumes qui obscurcissaient les méandres de ma mémoire s’estompaient parfois brièvement, laissant naître en moi de nouvelles interrogations, mais surtout, ne me faisant pas abandonner et jeter l’éponge. Un jour, je saurai.

Je balayais rapidement les lieux du regard, comme pour m’assurer de ma solitude, comme si quelque chose me disait que cette nuit ne serait pas comme les autres… Je me méfiais des "autres" – ceux qui étaient semblables à moi par leur "maladie", mais également des personnes réduites ici à la servitude – j’avais connu ici plusieurs expériences désagréables. Certaines m’avaient été particulièrement douloureuse, j’en portais encore quelques séquelles infimes, mais surtout, une crainte et une méfiance omniprésente. C’était en partie cette peur qui me poussait sans cesse à me torturer l’esprit afin d’avoir des réponses, j’avais besoin de savoir pour comprendre. Lorsque je me jugeais – à tort ou à raison – réellement seul, je sortais mon journal ainsi que ma mine de plomb, mes fidèles compagnons. Cela faisait longtemps à présent que je n’avais couché mes mots sur papier. Pourtant, ils me permettaient de m’analyser et de m’éclaircir les idées par une relecture. Lentement ou plutôt, soigneusement je l’ouvris.

Mes derniers mots étaient : « N’ai-je donc jamais été quelqu’un pour personnes ? » Cette question avait encore tout son sens et toute cette importance pour moi. N’ayant toujours pas de réponses satisfaisantes à mon goût, simplement quelques rêves ou cauchemars, quelques impressions et sensations, ou encore quelques flashs, je ne parvenais pas encore à produire quelque chose de constructif. Je commençais à me demander si je n’allais pas devoir me construire sans fondations solides, mais j’avais bon espoir cependant, ces bribes de souvenirs m’apparaissaient de plus en plus, bientôt, je saurais.

Comme d’accoutumée, je m’emparais de ma mine de plomb pour coucher mes mots sur papier. Mes souvenances devenaient de plus en plus précises, je devais les rassembler afin de tenter de décrypter l’énigme de ma mémoire.


Une nuit à danser avec la Lune

Je cesse de numéroter mes nuits et je préfère leur donner un nom… Cette numérotation n’a plus aucun sens puisque des jours, voir même des semaines peuvent s’écouler sans que je n’éprouve le besoin de devoir me vider l’esprit. Il serait dérisoire que je poursuive. De plus, cette fois je connais la date de cette nuit, c’est l’été aujourd’hui, nous sommes le 21 juin 2016.

Les méandres de mon passé semblent vouloir ressurgir de ma mémoire. Mes souvenirs paraissent se débattre pour se montrer enfin au grand jour. Tout a commencé par un rêve, ou plutôt, un cauchemar, mais cela, je l’ai déjà dit. Cependant, les choses ont évolué, enfin ! Si a début il ne s’agissait que d’une silhouette et d’un nom : Morgann, aujourd’hui, l’une de ses ombres c’est distinguée des deux autres. Celle qui se tenait debout à me demander de choisir entre deux vies s’est précisée. Il ne s’agit nullement d’un homme comme je l’avais pensé, mais d’une femme à la chevelure longue et ondulée. Je ne vois pas son visage… Comme si quelque par, je ne voulais réellement pas me souvenir. Les silhouettes des deux autres, dont cette Morgann me demande de choisir lequel vivra duquel périra, restent toujours aussi sombres. Elles ne prennent toujours pas forme. Pourquoi ? Qui sont-elles ? Ou, qui sont-ils ? Rien que de repenser à cette horrible femme, j’en ai des frissons, j’en ai des sueurs froides et presque des frissons. À chaque fois que je m’endors, je passe une partie de mon sommeil à faire et refaire ce rêve. Ma réaction reste toujours la même cependant, incapable de choisir, paralysé, effrayé, horrifié… Je me réveille à chaque fois tremblant comme un enfant. Je me demande ce qu’il a bien pu se passer pour que je cherche autant à savoir tout en me refusant de voir.

Un air de violon provenant du palais a éveillé en moi quelque chose. Je l’ai entendu lorsque Taryn et moi approchions. Depuis il hante mon esprit. Je suis certain de le connaître. Quand, où et comment, je n’en ai pas la moindre idée, mais je le sais. Je pouvais dire les notes avant qu’elles ne soient jouées. Je sentais presque le bois de cet instrument si noble entre mes doigts. Cette mélodie – bien que mélancolique – me prenait aux tripes, et le fait encore. C’est inexplicable…


Il c’est déroulé tellement de choses en quelques semaines, que je ne suis pas certain de ne rien oublier de coucher sur papier.

Un visage m’est venu cette nuit. Il était bien plus qu’un visage, j’en suis certain. En fermant les yeux, je pouvais presque le sentir. Étrange sensation… Je l’ai croqueté, mais je ne suis plus certain avec le recul qui lui soit réellement ressemblant. Plus j’y repense et plus je me dis que si ce visage m’est apparu aussi clairement, c’est qu’il a une signification importante pour moi. Le tout est de trouver laquelle à présent…

J’ai fait une rencontre, du moins, plusieurs, dont certaines mauvaises, mais celle-ci…


J’ai rencontré un homme atteint de la même "maladie" que moi. Il était pourtant tellement différent que s’en était inquiétant. Il possédait se qu’ils se plaisent à nommer ici, une esclave, pour moi je considère qu’il s’agit d’une protégé. Elle était très serviable, toujours à se plier en quatre pour cet homme, son "maître". Elle a fait cependant preuve de maladresse : elle n’avait pas changé les fleurs du vase – étourderie anodine – cela provoqua chez cet homme – ce Maxwell se mit dans une rage telle qui lui a brisé la nuque sans plus de cérémonie. J’ai paniqué – je ne supporte pas la violence et encore moins la confrontation avec la mort. J’ai glissé de mon fauteuil, le faisant basculer avec moi dans ma chute. Je suis alors passé au travers du plancher pour atterrir dans les cuisines, à l’étage du dessous. Là, je me retrouvais étendu sur le plan de travail, incapable de bouger. Je n’étais pas blessé, certes, j’avais peur, mais c’était une étrange fatigue qui m’avait empêchée de bouger. Quand j’ai de nouveau ouvert les yeux, trois nuits s’étaient écoulées et je me trouvais dans mon lit, confortablement installé sous mes draps. Ce devait être un rêve, je ne vois pas d’autres explications.


Je dois commencer à perdre la raison et avoir des hallucinations. Entre cette fois et celle où, hors de moi, j’ai cru voir le gravier du chemin du palais vibrer, je commence à douter de ma santé mentale. Quelque chose ne doit vraiment pas tourner rond chez moi. Ou alors il y a quelque chose que je ne m’explique pas.


J’ai également découvert que j’avais une peur panique du feu. Ça tient bien plus de la phobie que de la simple frayeur. J’en suis terrorisé. Comme si j’avais connu quelque chose d’horrible en présence de cet élément…


Finalement, j’ai beaucoup de question, mais aussi énormément de début de réponse. Avec de la persévérance, je devrais parvenir à démêler tout ça… Bien qu’un coup de pouce ne soit pas de refus. Mais depuis mon arrivée ici et grâce à Taryn, je dois le reconnaître, je ne fuis plus, je tente de trouver des réponses, mais peut-être a-t’elle raison, peut être que celles que j’attends ne me plairont pas… Peu importe, j’ai un besoin vital de savoir.

L’ombre de ses explications vampiriques plane toujours. Au fur et à mesure que j’avance, tout conforte sa thèse. Alors je me pose la question suivante : à t’elle raison ou suis-je atteint de la maladie qui a donné naissance au mythe des vampires ? La seconde me serait tellement plus simple à admettre…


Sur ces quelques mots, je refermais mon carnet de route. A bien y réfléchir, lorsque j’en prenais le temps du moins, je possédais déjà beaucoup d’éléments, contrairement à ce que je pensais. Mo besoin de réponse me poussait cependant à aller toujours plus loin, à trouver toujours davantage de réponses que je n’en possédais déjà. Curiosité malsaine ? Orgueil ? Réel besoin ? Peur ? Qu’était-ce dans le fond ? Un manque ? avais-je à y gagner ou tout à y perdre ?


Comme toujours, j’allais dormir un ou deues heures. Je ne parvenais jamais à dormis plus de trois heures consécutives en journée, sans doute était-ce des restes de mes mésaventures en ville…

« Tu me sembles bien perdu, petit oiseau de nuit… »

Mon sommeil était d’ordinaire agité, cauchemardesque, mais cette fois, il fut calme et des plus paisible comme si quelque chose ou quelqu’un autour de moi m’apaisait. Il fut cependant des plus court, en proie à un sommeil noir et sans rêve, quelque chose ou plutôt quelqu’un me tira des bras de Morphée. Cette présence, indescriptible, me paraissait pourtant familière. C’était inexplicable. Je connaissais cette présence et pourtant, elle m’était inconnue. Lentement, j’ouvris les yeux. Dans un premier temps, ce fut une silhouette trouble qui se dessina devant mes yeux. Je relevais la tête, l’esprit encore embrumé par le pays des rêves, dirigeant mes pupilles bleues encore engourdies vers ce qu’il me semblait être un homme. Peu à peu, le brouillard se dissipa pour prendre forme. Il s’agissait bien d’un homme.

°°°

On peut aisément pardonner à un enfant qui a peur de l’obscurité,
La vraie tragédie de la vie,
C’est lorsque les hommes ont peur de la lumière.

Platon
°°°


Ce visage… C’était bien lui, je l’aurais reconnu entre mille. Je l’aurais pu, j’aurais eu le cœur qui battait la chamade. C’était ce même visage que j’avais croqueté… Cet homme… Cela m’apparu comme une évidence, il était l’une des deux silhouettes dont Morgann – la femme sans visage – me demandait de faire le choix de qui vivrait, de qui périrait. Les yeux écarquillés, je fixais le visage de cet homme. Mon regard trahissait ma surprise, mes questions naissantes, mais aussi, le fait que je le reconnaissais. Pourtant, les paroles de Taryn me ramenèrent sur terre. Je ne devais jamais montrer mes sentiments dans cet endroit, ne jamais baisser ma garde. C’était plus facile à dire qu’à faire.

Me redressant je tentais de me reprendre lorsqu’il prit la parole. Étais-je si translucide que cela ? Me connaissait-il pour lire ainsi comme un livre ouvert ? Si son visage m’était si familier, j’étais certain que cela venait du fait que je le connaissais. Je pris un air sûr de moi, malgré que mes yeux trahissent tout le contraire. Je n’avais jamais su cacher mes émotions alors que ces derniers n’avaient de cesse de les afficher au grand jour.


°°°
 
Les meilleurs souvenirs sont ceux que l'on a oubliés.


Alfred Capus
°°°


J’ignorais quelle attitude adopter. Si je ne me trompais pas et qu’effectivement cet homme me connaissait. La question était, s’il arrivait aussi facilement à lire en moi, était-ce parce qu’il me connaissait bien ? Si tel était le cas, je ne pouvais pas feindre de ne pas le reconnaître, sans quoi il aurait quelques soupçons. Cependant si je ne l’avais connu que brièvement, je pouvais dire une vérité partielle… J’espérais qu’il en soit un peu des deux. Je ne pouvais pas faire comme si de rien n’était si nous nous étions bien connus par le passé. Au contraire, s’il ne c’était agit que d’une simple rencontre, le tour était joué. Je devais trouver une solution… Je devais agir vite et bien. Mais comment ?

Face à mon silence, l’homme de mon croquis allait finir par se poser des questions, il fallait que je me jette à l’eau. On m’avait trop souvent mis en garde contre le tempérament des gens qui vivaient ici et j’en avais plusieurs fois eu la preuve. Je ne tenais pas à tenter de nouveau le "diable". Cette fois, je ne pouvais plus reculer, il fallait que je réagisse, j’étais au pied du mur. Je n’avais plus de marche arrière possible. J’optais pour ma seconde idée sans grande conviction, ce fut tout en me relevant que je pris la parole :


« Bonsoir… »


Ma voix était bien trop hésitante, je devais me montrer sûr de moi. Je m’éclaircissais donc la voix avant de poursuivre :


« Qu’est ce qui pourrait vous faire croire que je suis perdu ? »

* Peut-être ta mine déconfite du réveil tout à l’heure bougre d’âne. Enchaîne ou tu vas te faire remarquer, si ce n’est pas déjà fait. *


Je ne savais pas comment réagir exactement. D’un côté je brûlais d’envie d’harceler cet inconnu par des questions. Pourquoi avais-je vu son visage ? Pourquoi avais-je la sensation de le connaître au point d’avoir sus dessiner ses traits ? Que faisait-il dans mon souvenir ? Que c’était-il passé ? Mais d’un autre, je gardais le silence sur ces questions obsédantes. Je faisais celui pour qui tout allait bien, celui qui savait exactement se qu’il faisait et disait, mais il n’en était rien. Je n’allais pas "bien", rien ne tournait rond autour de moi…


« Votre visage me semble familier, nous nous connaissons ? »


Je venais de me risquer à l’interroger. Quelle bêtise ! Si par le passé nous nous connaissions effectivement bien, je venais de me vendre. Je n’allais pas pouvoir me présenter comme étant Hedgard Rey, comme m’avait si savamment nommé Taryn. Ce nom cachait en son sein le surnom qu’elle m’avait offert : "l’Égaré" et qui avait en quelque sorte fait que de "personne", j’étais devenu "quelqu’un". Je me maudissais intérieurement de n’avoir pas su résister à cette question… Et si effectivement je venais de me vendre, qu’allait-il advenir ?

«Je vais commencer par répondre à ta seconde question. Effectivement, nous nous connaissons. Sache qu’en ces lieux, je suis la personne qui te connaît le mieux… »


Ainsi j’avais raison, nous nous connaissions. Le sous-entendu que venait de faire cet inconnu me fit comprendre que je m’étais trompé. La seconde de mes hypothèses avait été fausse, et la première juste : d’après ses dires, il me connaissait bien. Mais qui était-il ? Où nous étions-nous connu ? Quand et comment ? Savait-il qu’en une simple phrase, il avait éveillé bien plus de questions que je n’en avais eues jusqu’alors ?

« Te souviens-tu de cette présence qui ne t’as pas quitté durant quelques temps ? Il s’agissait de moi… »


***

La curiosité des enfants est un penchant de la nature qui va comme au-devant.


Fénelon
***


« J’espère que cela ne te déranges pas. Nous risquons d’avoir pas mal de petites choses à nous dire, et j’aimerais éviter de prendre racine vois-tu… »


La courte pause qu’il marqua avant de reprendre me fit bouillir d’impatience et de curiosité. Cependant, elle ne fut en rien assouvi par les propos qui suivirent. Il m’avait suivit durant des semaines, des mois sans jamais se montrer… Pourquoi ? Pourquoi n’était-il pas intervenu ? Il avait assisté à tout sans jamais bouger le petit doigt. J’étais partagé entre la colère et l’incompréhension. Il m’avait laissé tuer cet enfant, sans rien dire, quel homme était-il pour m’avoir laissé faire ça ?


« Tu dois avoir beaucoup de choses à me demander, de questions à me poser. Je connais ta situation, je pense pouvoir comprendre l’état dans lequel tu dois être, et le besoin de réponses qui doit t’animer. Alors ne te retiens pas, demande moi ce que tu veux. Il faut cependant que je te prévienne d’une chose : je ne répondrais pas forcément à toutes tes questions… pas ce soir en tout cas… »

***

La colère est comme une avalanche qui se brise sur ce qu'elle brise.


Sénèque


***

J’étais perdu, comment devais-je réagir ? Devais-je me mettre hors de moi ? Si je réagissais de cette manière, je mettrais toutes mes chances de pouvoir retrouver mes souvenirs. De plus, si lui et moi étions proches, je risquais de compromettre mes chances de retrouver ce lien, quel qu’il soit, qui nous unissait… Je ne voulais pas non plus le faire fuir…


***

Quand on est aimé, on ne doute de rien. Quand on aime, on doute de tout.


Colette
***


D’un autre côté, j’étais curieux. Je voulais tout savoir sur moi, sur lui, sur nous. JE ne voulais plus rester dans cette incertitude qui me rongeait de l’intérieur. Qui étais-je ? Pourquoi avais-je tout oublié ? Pourquoi m’étais-je oublié ? Quel était cette maladie qui me rongeait ? Avais-je été quelqu’un pour lui ? Quel était mon nom ? Qui était cette Morgann ? Qui étaient ces ombres dans ce cauchemar ? Je ne me souvenais de pratiquement rien, la liste de mes questions était interminable…

Brusquement, se mêlant à la curiosité, à la colère ainsi qu’à la désorientation que je ressentais, la peur s’insinua. Et si en réalité j’étais l’un de ces monstres dont m’avait parlé Taryn ? Et Si je prenais plaisir à torturer et à faire souffrir ? Si je me suffisais à me comporter comme un monstre… Je ne pensais pas pouvoir le supporter.


***

La peur mène à la colère, la colère mène à la haine, la haine mène à la souffrance.


George Lucas
***


Je le regardais s’asseoir près de moi, je fis de même puisque je m’étais relevé par politesse. Ses paroles me tirèrent de mes réflexions alors que tout à tour, la peur, la colère, la curiosité et l’incompréhension apparaissaient tour à tour dans le bleu de mes yeux. Je lui accordais toute mon attention lorsqu’il prit de nouveau la parole.

Il avait l’air tellement sûr de lui, tout mon contraire, je l’enviais presque. Il avait aussi un certain décontracté déstabilisent. Quant à la fin de ses paroles, pourquoi ne voulait-il pas tout me dire dès maintenant ?


***

Reconnaître que l’on ne sait pas, c’est déjà savoir quelque chose.


Proverbe chinois

***


* Vas doucement, tu vas te perdre avant d’arriver au but *

« Vous étiez là… Pourquoi n’êtes-vous pas intervenu ? Qui suis-je ? Qui êtes vous ? Pourquoi restiez-vous là avec moi ? Pourquoi ne rien faire ? Quel était votre intérêt ? Pourquoi ai-je tout oublié ? Je suis désolé de vous assommer ainsi… Mais… Vous aviez raison, je suis perdu, je ne sais même pas comment je dois réagir… Je ne sais pas si je dois être en colère, être impatient de savoir, avoir peur de se que je vais apprendre... »


Ma voix était hésitante et s’éteignait presque lors de ma dernière phrase. Mal assuré, je l’étais depuis le premier jour de mon éveil, mais jamais à ce point. Mes sentiments contradictoires me tiraillaient. Au point que j’avais la sensation que ma tête tournait. J’en avais presque des nausées. Je l’aurais pu, j’aurais viré au vert ou au blanc.


« Pourquoi tout ça ? C’était un jeu pour vous ? »

« Tu ne m’assommes pas… Non, je n’ais pas fait tout cela par jeu… Heureusement encore, je ne me serais pas vraiment amusé… Pourquoi ne suis-je pas intervenu? C’est un peu compliqué à expliquer… et peut être un peu tôt aussi. Il ne le fallait pas. Dans ton intérêt, et pas tellement dans le mien contrairement à ce que tu as pu me dire… »

C’était étrange comme situation, à chaque question – ou presque – que je posais, j’obtenais plus ou moins une réponse, et à chaque réponse, naissant en moi de nouvelles interrogations. N’en verrais-je donc jamais le bout ? N’y avait-il pas de fin à mes questionnement ? Je me sentais enfant, bien plus encore que je ne me l’étais senti face à Taryn. Oui, c’était bien le mot : Enfant. D’un côté, je trépignais d’impatience de connaître les réponses à mes interrogations, un peu comme un bambin le soir de noël, impatient de recevoir ces présents, et de l’autre, j’avais peur de l’inconnu, comme ces chères têtes blondes qui découvrent une vieille cabane abandonnée dans les bois. J’écoutais cet homme, qui me semblait paradoxalement tellement étranger et tant familier…

°°° Imagination ou désir enfouis de rencontrer quelqu’un que je connaissais ? °°°


« Je pense que tu as compris une chose : je suis la clef de ton passé. Tu as été frappé d’amnésie, saches que cela n’est pas définitif, mais retrouver la mémoire peut prendre longtemps, des années, des décennies même, tout dépend de la personne. Bien évidemment je vais t’aider. Cependant, si je te déballais tout ce que tu es ce soir, tu ne le supporterais pas. Il y a trop de choses à emmagasiner, et surtout à accepter. Vivre avec son passé n’est pas évident, alors je n’ose même pas imaginer ce que cela peut donner lorsque l’on nous révèle quelque chose dont on n’avait même pas conscience…
Il m’a parut nécessaire de te laisser seul, ou tout du moins de te donner l’impression d’être seul, durant quelques temps. Il fallait que tu t’habitues à toi-même, à ce que tu étais… Et puis que peu à peu, tu te réhabitues à moi. Lorsque tu m’as vu arrivé, tu étais juste surpris de voir que tu connaissais mon visage n’est-ce pas? Je serais apparu devant toi peu après ton réveil, tu aurais été telle une bête sauvage que j’aurais du apprivoiser. Je nous ai facilité la vie, et fait gagner du temps… »


Je l’écoutais me dire que s’il n’était pas intervenu c’était dans mon intérêt, mais je ne comprenais pas comment mon intérêt pouvait-il être dans la mort d’un enfant. Quelque chose m’échappait. Je ne savais pas quoi, mais je sentais qu’il y avait quelque chose d’autre… Quelque chose de bien plus « grave » derrière tout ceci. Ses formulations me le laissaient supposer…

 

Par Lémuria - Publié dans : Un Vampire Amnésique
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Lundi 28 février 2011 1 28 /02 /Fév /2011 11:57

Une nuit sous les alizés...



En cette période noire de tempêtes, d’ouragan, de tornade, et autres résultantes de se que certains appèlent « la colère des cieux » – réaction typiquement humaine de nommer l’inexplicable – rares étaient les navires qui osaient prendre le large et affronter toute cette rage. Peu nombreux étaient les équipages qui osaient appareiller. Parmi la poignée qui ne restaient guère mouillés au port, un peut être deux, revenaient au complet ces temps-ci, alors que seulement trois voir quatre bateaux revenaient au port, mais avec des membres d’équipage manquant, mais aussi, presque toujours, des dégâts matériels importants. Quant aux autres, jamais ils ne revenaient à quai. À chaque retour au port, des festivités étaient improvisées, mais aussi, des cris, des larmes, des pleurs, des familles blessées, déchirées et brisées… Des veuves – en ces temps difficiles point de place pour la superstition : les femmes aussi embarquaient - des veufs et des orphelins versaient leur détresse sur les docks, comme si leurs douleurs auraient pu leur ramener leurs disparus. Cet épisode trouble, ces temps sombres de l’histoire de l’humanité, avaient quelque chose de plaisant, de délectable et de savoureux pour moi. Sentir toute cette souffrance, qui émanait de ces inférieurs, était comme une douceur sucrée dont je me délectais de chaque saveur, chaque arôme, et de chaque nuance toutes si différentes, si subtiles, si riches, si fortes et si fragiles à la fois ; mais surtout, tellement exquises… L’odeur du désarroi n’était qu’un subtil et délicieux parfum qui embaumait le port et même la ville tout entière. En ces temps de désespoir pour les mortels, il ne m’était que plus aisé de profiter de la crédulité de ces êtres informe et inachevé qu’étaient les hommes. Ils étaient prêts à prier le ciel et les enfers, à croire en dieu ou en Lucifer, à vendre père et mère contre un peu d’espoir. Il m’était donc aisé de les manipuler à ma guise ces esprits faibles et affaiblit. Quelque par – d’il n’y avait pas cette enivrante odeur – cela faisait perdre tous les charmes du jeu. En un mot, ils étaient bien trop vulnérables.

Cela faisait déjà un temps que j’avais achevé mon dernier défit et cela au sens propre du terme. Cette fois-ci, je m’étais plu à braver les interdits. J’avais fait d’un jeune homme – presque encore un enfant – un habitant de la nuit. Quel jeu palpitant avait-ce été ! À force de décoctions, je lui avais fait oublier jusqu’à son nom. J’avais ensuite pris grand soin de le lâcher dans la nature, seul, bien sûr et livré à lui même. Je l’avais observé d’assez près pour qu’il sente ma présence, et d’assez loin pour qu’il ne puisse me voir. J’avais fait mien son désarroi et sa détresse. Chacune de ses chutes n’avaient été à mes yeux que merveilles. Ses larmes avaient eu pour moi le goût de l’hydromel. Ses cris, ses gémissements plaintifs, ses appels et sa douleur avaient été que de douces balades à mes oreilles… Rien que d’y repenser, j’en frissonnais presque. Cependant, comme nous le savions tous, probablement tout comme mon sujet d’étude le savait lui-même, toutes les bonnes choses avaient une fin et cela de tout temps. Je m’étais bien vite lassé de mon jouet. Vers la fin, il n’était plus qu’une larve. Même ses pulsions et sa faim ne lui permettaient plus de bouger ne serait-ce qu’un cil. Quel gâchis ! Il c’était laissé dépérir au point de tomber dans un état larvaire. J’avais donc mis un terme à tout ceci. Il s’était laissé dépérir au point de tomber dans un état presque végétatif. J’avais exécuté mon expérience avant de la réduire en cendres. Ce chalenge – car pour moi cela n’avait été rien d’autre – avait cependant été une réussite. Sans intervenir directement, j’avais pu me rendre indispensable à cet être. J’avais rendu un être si dépendant de mon bon vouloir qu’il n’était parvenu à rien sans moi. Je ne connaissais ni échec, ni regret, je ne tolèrerais jamais la médiocrité.

Cette nuit, je partais à la recherche d’une nouvelle distraction. Bientôt, je me mettrais en quête d’un nouveau défit à relever. Pour l’heure, il était grand temps de passer à autre chose : place à l’amusement et au plaisir. Je cherchais un endroit animé. Quoi de mieux pour se fondre dans la masse que d’en faire partie pour ne pas être remarqué ? Mes pas me guidèrent donc tout naturellement vers le port. Quartier oh combien animé, autant le jour – de ce que l’on en dit – que la nuit ; avec ses marchés, ses trafiquants, ses auberges, ses tavernes, ses filles de joies, ses ivrognes, ses bagarres, et que sais-je encore ! Rien de tel pour flâner que de regarder ces créatures – autrement dit ces hommes – grognant, criants, griffant, se battant… Imbibés d’alcool comme ils étaient, j’assistais là, face à cette bagarre, à un retour à l’âge de pierre. Une distraction l’espace d’un instant, où l’homme et la bête ne faisaient plus qu’un. Dire que l’humanité nous avait toujours considéré – nous autres habitants de la nuit – comme des bêtes. Ce spectacle animal, bien que distrayant pour quelques secondes, me lassait bien vite. Je repris donc naturellement ma route.

Cherchant un endroit où je trouverais une distraction d’une durée de plus d’un instant, mes pas me guidèrent devant ce que les humains nommaient auberge, mais qui pour moi, tenait plus du taudis insalubre. Ici est là, des clients tous plus crasseux les uns que les autres. Certains avaient des filles de joies sur les genoux alors que d’autres s’amusaient déjà, aux yeux de tous, avec leur conquête d’une nuit allongée sur un banc, lorsque ce n’était pas sur une table. Sur le sol, quelques ivrognes se roulaient déjà à terre. Parfois, le propriétaire des lieux – aidé de quelques autres – les balançait à l’extérieur sans ménagement. J’avançais lentement en regardant autour de moi. Je me demandais si réellement j’allais trouver de quoi me distraire en ces lieux. Cependant, ce n’était pas la distraction potentielle qui me faisait rester ici. Il s’agissait de tout autre chose. Dès que j’avais franchi les portes poisseuses de ce taudis, j’avais senti une présence. Oui, c’était bien cela qui me faisait rester en ces lieux. J’avais senti la présence de l’un de mes semblables dans ce bouge. Cela avait piqué ma curiosité. Je ne m’étais pas attendu à trouver un habitant de la nuit ici. Mes pas, ou plutôt, mon instinct, me guida à lui. Ce fut dans le fond de l’auberge, près du feu crépitant, assis à une table que je le trouvais. Sans un mot, j’approchais lentement. Je pris place à sa table, face à lui. Je plongeais mon regard d’encre dans le sien, sans desserrer la mâchoire. J’agissais non pas par défit, mais pour le jauger en quelque sorte.

Sa mort humaine avait dû être plus tard que la mienne, pourtant, je sentais la « jeunesse » de sa « mort ». Il paraissait plus âgé et moi je ressemblais à un gringalet à côté de lui, pourtant, il n’en était rien. Les apparences avaient toujours été trompeuses, et j’avais toujours aimé ça. Il avait piqué ma curiosité à vif, pourtant, je restais muet comme une tombe. Ironique pour un non mort d’employer une telle comparaison, n’était-il pas ?

En cet endroit pourtant propice aux rencontres incongrues, il me fallait avouer que je ne m’attendais pas à faire une rencontre telle que celle-ci. L’un de mes semblables se tenait devant moi. Nous nous jaugions du regard sans un mot, sans animosité, sans mépris, agressivité ou provocation aucune. Je l’observais et de mes observations, je tirais mes propres déductions sans pour autant le juger. Il dégageait une odeur d’embruns avec une pointe d’écume salée. Soit il avait été passager sur un navire, soit il faisait parti d’un équipage. Une chose m’était cependant certaine : il avait prit la mer dans un passé qui était proche… Chaque cellule de sa peau en était encore imprégnée. Cela ajoutait un petit quelque chose à son charme naturel déjà certain, mais aussi, un côté presque mystérieux qui appelait comme un échos ma curiosité. Prendre la mer, lever la grand voile, prendre le large et glisser sous les vents, un rêve d’enfant pour ma part, et une réalité pour lui. Rien ne me ferait cependant quitter mon terrain de jeu ou de chasse, suivant les aléas du temps, de mes envies et besoins. J’enviais ce mode de vie autant que je le fuyais. La terre signifiait pour moi la certitude, alors que la mer regorgeait d’incertitudes à mes yeux. Cet habitant des ténèbres rassemblait à mes yeux bien plus de courage que je n’en possédais moi-même et que bon nombre d’entres-nous, en possédait… En mer, un incident et point de refuge contre le soleil ; sur terre, seul l’écervelé n’en trouverait pas.

J’observais ses gestes afin qu’ils m’en fassent découvrir davantage sur cet inconnu. Je préférais amplement cela à une pluie diluvienne d’interrogations inappropriées, futiles et indiscrètes. Son assurance dans ses gestes autant que dans ses paroles me laissaient entrevoir qu’il était homme à ordonner et non à être commandé. Il devait être un dirigeant. En suivant mes précédentes déductions, j’en venais facilement à la conclusion suivante : il devait être le capitaine d’un navire. Son charisme, tout comme ses gestes impérieux étaient en parfait accord avec mes conclusions.

« A la Mort, notre fidèle compagne… »

J’inclinais légèrement la tête en avant, avant de la relever en signe de remerciement pour son invitation. Je n’avais pourtant guère l’habitude de boire. Je n’étais pas friand de boissons alcoolisées. Cependant, je ne désirais ni paraître impoli, ni paraître être un midinet. Un verre, voire deux, n’avaient jamais ramené à la vie un non mort. Plus que la mort, l’idée de revenir à la vie me faisait frissonner. Pathétique comme idée n’était-il pas ? Pourtant, je ne regrettais rien de ma vie passée, d’ailleurs, cela remontait à si longtemps que je l’avais omise volontairement. Par un subtil sourire, j’appuyais mes remerciements insinués. Trinquant avec lui, je levais moi aussi mon verre en ne quittant pas son regard – comme le voulait la tradition – prenant à mon tour la parole :

« … Et à la vie, notre hydromel… »

Nos verres s’entrechoquèrent et je plongeais ensuite mes lèvres dans le mien pour y boire quelques gorgées – qui jamais n’apaiseraient ma sanglante soif – pour ensuite le reposer sur la table. Je relevais ensuite le regard lentement vers mon interlocuteur. Une étincelle d’envie et de plainte se confrontait dans mes yeux. Je laissais de nouveau le silence faire son office quelques minutes avant de reprendre la parole :

« La bienséance veut que le nouvel arrivant ce présente se présente, hors j’ai oublié de le faire. Trop de temps plongé parmi les mortels m’en ont fait oublier les bonnes manières. Je me nomme Dimitrius Noctaven. »

Un nom n’était qu’un nom, cependant, il était toujours mieux comme dénomination. Le mien, pour les anciens, était lourd de sens. J’étais à leurs yeux, l’ingrat qui avait tué son mentor, si Sire, après avoir obtenu de lui, tous les enseignements qui lui étaient utiles, mais aussi, qui avait agi par intérêt et défit. Pour ces médisants, j’étais tout simplement synonyme de traîtrise, alors qu’ils jugeaient sans jamais posséder tous les éléments. Je ne me souciais guère de ces ragots "de mégères". Les "on dit" ne m’avaient jamais préoccupé ou suscité un quelconque intérêt chez moi. Ils m’indifféraient.

« Briggs…Capitaine Benjamin Briggs… »

Oh oui, je l’avais tué. Il avait fait de moi son semblable sans mon consentement. Je devis cependant reconnaître que je ne regrettais absolument pas d’être devenu une créature de la nuit. Je n’acceptais pas que l’on m’impose des choix qui n’étaient pas miens. Aussi, il était devenu ma cible et par la même, mon premier challenge. J’avais attendu d’apprendre de lui tout ce qu’il m’était utile de savoir au sujet de ma nouvelle condition. Je m’étais ensuite débarrassé de lui. Sa tête avait été enterrée dans un lieu sans, et son corps brûlé ; deux précaution valaient mieux qu’une. Rien que d’y repenser, j’en aurais presque e un large sourire. Je chassais ses souvenirs de mon esprit bien vite, pour revenir sur "terre".


« Quels vents vous amènent en ces lieux ? »

« Le vent de la vengeance me pousse en permanence, et seule une cruelle lassitude liée à un long combat pour ne point dévier ma route m‘amène à faire ici brève escale…Plus que me ressourcer, reprendre mes esprits… »


Ce fut un léger sourire qui anima mon visage lorsque mon interlocuteur – le Capitaine Benjamin Briggs – s’excusa pour ses interrogations. Cela ne me dérangeait nullement de lui répondre puisque ses questions étaient – à mon regard – légitimes. Je le regardais avec intérêt, écoutant ses paroles qu’il déversait avec aisance, mais ô combien lourdes de sens. Le silence revint entre nous, un silence dont lui aussi – j’en avais la certitude – connaissait le sens autant immergé qu’émergé. Ne dit-on pas le calme avant la tempête ? Ce fut cette fois d’entre mes lèvres qu’elle prit son envol.

« La vengeance est le plus doux des hydromels mêlé harmonieusement au plus intransigeant des venins »

« Mais et vous-même en vérité ? Il est bien surprenant endroit celui dans lequel vous semblez avoir élu domicile…à moins qu’il ne s’agisse d’un quelconque vœu, d’un acte sacré, le secret codicille, et que vous ne puissiez de l’endroit partir, sans avoir la crainte de vous trouver marqué du sceau de l’infamie… Mais je m’égare à nouveau, sans doute n‘ai pas de droit à émettre ces questions…Trop de silences en mer accumulés…Pardonnez cette curiosité malvenue… »

Mes paroles ne firent qu’exprimer un sentiment que je connaissais probablement trop bien. Je ne jugeais pas – je ne me le permettais aucunement – je ne faisais là qu’énoncer le fruit de ma propre mésaventure.

« Votre curiosité n’a rien de dérangeant, je l’ai moi-même été à votre égard. »

Je pris une autre gorgée de ce liquide ambré, comme si j’avais besoin de m’éclaircir la voix, ou peut être d’humidifier ma gorge. Dernier reflex de mon passé de mortel. Je ne me plaisais pas là à engendrer un quelconque mystère, il n’y en avait nullement lieu.


« Je ne suis ici que de passage, comme vous-même, selon toute vraisemblance. Les raisons de ma venue diffèrent cependant. »


Charles Baudelaire a écrit en parlant de l’homme et la mer :

Homme libre, toujours tu chériras la mer!
La mer est ton miroir; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer.

Tu te plais à plonger au sein de ton image;
Tu l'embrasses des yeux et des bras, et ton coeur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets:
Homme, nul n'a sondé le fond de tes abîmes;
O mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets!

Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remords,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
Ô lutteurs éternels, ô frères implacables!

Charles Baudelaire, L’Homme et la Mer, Les Fleurs du Mal 1857

A croire qu’en son temps le poète avait eu un Capitaine Benjamin Briggs face à lui. À mes yeux de novice en matière de navigation, la première ainsi que la troisième strophes qualifiaient parfaitement ce Capitaine peu ordinaire. Bien loin se trouvait la caricature du marin bourru et dénué de culture. C’était sans doute cela qui nous différenciait le plus. Il était en quelque sorte libéré de sa condition de terrien, quand à moi, je me complaisait dans cette dernière… Dans ses veines devaient couler les flots des océans et dans les miennes, le sang bouillonnant de la terre.

Je connaissais ma condition. J’aimais la terre et ses fureurs lorsque son sang bouillonnant elle déversait. J’aimais son calme et sa frigidité lorsqu’elle se laisser aux glaces éternelles. J’aimais sa bonté lorsqu’elle offrait sa fertilité, tout comme sa brûlure la plus aride. Bien incapable, je n’aurais été que de la quitter pour m’en aller voguer au gré des vents et des eaux.


« Je me suis abreuvé de mon hydromel venimeux, il y a bien longtemps aujourd’hui. Je suis las à présent, je m’ennuie. Je tourne en rond, je dois bien le reconnaître. Je cherche aujourd’hui quelques distractions, ou plutôt, quelques nouveaux défis. »

Oui, c’était cela qu’il me manquait à présent. Je n’avais plus rien pour me distraire, le temps était venu que je me trouve un nouveau challenge à relever. Je m’endormais dans une condition qui ne me convenait guère. Une chose m’interpella cependant, le Capitaine avait-il songé un instant à l’après ?


« Mais vous-même, lorsque vous vous serez abreuvé de votre nectar, que ferez-vous ? Avez-vous songé à vos pas une fois votre quête achevée ? »

Peut-être que cette fois je me montrais bien trop curieux, peut être n’avais-je, en réalité, pas le droit de poser une telle question. Peut-être étais-je allé trop loin. Il était si rare qu’un homme – ou un vampire – gardent la même motivation une fois celle-ci satisfaite. Je me demandais quel pourrait être le moteur d’un homme de sa trempe s’il perdait ce qui le faisait avancer.

Je le regardais avec une certaine curiosité. Il ne s’agissait de rien de malsain, mais il avait suscité mon désir d’en savoir plus et quelque part – je devais le reconnaître – mon envie de savoir s’il ressentirait lui aussi cette lassitude qui me dévorait de l’intérieur depuis quelques décénies.

  
« Combien de fois cette question, au fil de l’eau glissant sur la quille de mon navire, je me suis posée, je ne sais plus… Longtemps j’ai louvoyé entre les hésitations, longtemps je me suis heurté aux écueils de ma pensée encore « humanisée », me suis brisé sur les récifs de mes craintes, de mes frayeurs ancestrales, de mes acquis sociologiques et culturels, de ce qu’on m’avait préalablement inculqué... Et puis, comme une éclaircie au cœur de la tempête, une nuit j’ai observé la lune se lever, et j’ai su…Instantanément l’évidence de mon devenir s’est imposée… Lorsque ma quête sera consommée, que ma colère sera consumée, mes compagnons d'infortune vengés et reposant en paix de leur juste et éternel sommeil…alors viendra mon tour…  Il y a si longtemps que je n’ai vu le jour, que pour moi une aurore ne s’est pas levée…Voila ce que je deviendrai, voila ce que je ferai… »

Etranges aspirations que d’en venir à souhaiter sa propre finalité. Ne voyait-il dont aucune autre échappatoire à son funeste destin ? Pour beaucoup le mort ne signifiait pas une fin en soit, mais en réalité, ils y voyaient une continuité ou un éternel recommencement. Je ne pouvais m’empêcher de m’interroger sur ce qu’il en était pour le Capitaine Benjamin Briggs. Pour ma part, je ne voyais là qu’un point final à une existence. Peut-être était-ce cette vision qui me faisait fuir la grande faucheuse. Je me refusais de prendre place à bord de la carriole de l’Ankou et je n’aspirais guère à n’être réduit à l’état de rien, de néant, de chaos. Selon mon opinion si certains se plaisaient en l’après-mort ce n’était que dans l’idée se réconforter de la perte d’un proche, ou pour se rassurer sur son propre destin.

Ce qui me surprenait c’était qu’un être tel que semblait l’être ce Capitaine n’aspirait à rien d’autre – une fois son nectar délecté – qu’au néant. Comment pouvait-on ne rien désirer d’autre ? Une nouvelle fois, il venait de piquer à vif ma curiosité étonnamment grandissante en sa présence. D’ordinaire je ne me souciais guère de ceux qui m’entouraient ou que je croisais au gré des aléas de mes pas. Pourtant quelque chose chez ce non mort attirait inexorablement toute mon attention. Peut-être était-ce cette différence entre nos mondes, lui les flots, moi la terre. Je m’interrogeais sur la manière d’assouvir ce désir naissant d’assouvir cette curiosité sans paraître grossier ou déplacé.

Le silence qui avait de nouveau prit place entre nous était pesant d’une certaine manière. Il n’est rien de plus tranchant et empoisonnés que les verbes. N’y avait-il pas plus probant que les mots dans le silence et les actions ? Les mots étaient comme le tranchant d’une lame. Ils pouvaient blesser au plus profond les âmes, tout comme protéger et apaiser les cœurs. N’était-ce pas ironique ?


« La fin serait donc une perspective qui vous attire. Ironie quelque par qu’un éternel veuille de nouveau s’inscrire dans le temps. N’y a-t-il donc rien, pour vous-même, ou si vous aimez l’altruisme, pour les autres, auxquels vous pourriez aspirer ? Peut-être un jeune immortel, ayant ce même besoin de nectar, ou ce même désir de finalité, mais qui peut-être aurait besoin d’un guide. Ou peut-être un mortel à veiller. Cela ne vous parle guère ? »

Je marque un temps d’arrêt. J’étais tellement absorbé par ce désir tant opposé au mien que j’en devenais presque impoli et indiscret.

« Je suis navré, je me mêle de ce qui ne me regarde pas. Je n’ai pas à vous faire subir un quelconque interrogatoire. Mes intentions n’étaient guère de me montrer à ce point indiscret, et je m’en excuse. »

Je ne faisais pas grand cas des mortels et je ne m’étais jamais pris d’affection pour l’un des notre. Mon éternité était – jusqu’à présent – solitaire et rien ni personne ne m’avait encore donné l’envie et le besoin qu’il en soit autrement. Pour l’heure, j’avais une compagnie intrigante – bien que passagère – qui me tirait de cette routine des jeux et défis que je me posais à moi-même afin de me distraire. Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas réellement apprécié une présence et une conversation. Peut-être était l’éphémère de ce moment qui ne le rendait que plus agréable à mes yeux.

« En quoi cela animerait-il mon avenir infini, pouvez-vous me le dire ? Niez-vous qu’un des fondements de notre peuple soit l’égoïsme ? Notre mode de…naissance lui-même en est preuve flagrante. Oseriez-vous m’affirmer sans rire que nos sires ont, ce faisant, fait preuve d’altruisme ? Allons ne cherchez pas à vous leurrer, ce que vous proposez n’est que mirage évanescent, chants de sirènes pour caïnites naïfs…Disant cela je ne cherche en rien à vous offenser. Du peu que j’ai côtoyé, vous êtes certainement de notre caste le plus intéressant. Mais avouez qu’au fond de vous-même vous ne croyez aucun mot de ceux que vous venez pourtant de prononcer…  Vous êtes plus âgés que moi, je le sens. Et vous m’affirmez que votre vengeance est accomplie…Alors…En toute franchise, dites moi sans détour, que faites vous aujourd’hui de votre non vie, qu’est-ce qui vous anime, comment remplissez-vous de ces éternelles heures, qui défilent invariablement, l’obstiné vide ?... »

Ces paroles me firent sourire. Il avait une vivacité d’esprit fort intéressante. Il avait mis le doigt sur des éléments auxquels je n’avais guère de réponse satisfaisante. Il avait cependant raison, faire d’un mortel l’un de nos semblables était bien souvent guidé par l’égoïsme. Autrement – si ce n’est par désir de vouloir une personne à jamais près de sois, ou pour punir – pour quelle autre raison ferions nous perdurer les notre ? En quel sens offririons-nous l’immortalité à un autre si ce n’était pour assouvir quelques désirs qui nous étaient propres ? L’altruisme n’était effectivement pas de mise lors de la transformation. Rien n’était plus égoïste que le baiser vampirique.

Pourtant, si ce n’était en prenant un infant sous leur aile, certain faisait preuve – tout au contraire – de cet altruisme qui ne m’attirait guère. Ils utilisaient leur immortalité au service des autres. Pourquoi ? Je l’ignorais. Peut-être parce qu’ils se sentaient redevables ou encore pour expier quelques pêchers passés de quelques natures étranges, voir même, douteuses.


« En effet, je ne crois pas en l’altruisme, et comme vous l’avez si bien dit, faire naître l’un des notres n’est qu’égoïsme. Cependant, je sais, pour l’avoir vu chez d’autres, que certains de plaisent à mettre leur immortalité au service d’autrui. Que ce soient de mortels ou de nos pairs. Effectivement je suis plus âgé, mais il me semble que nos existences ne peuvent être comparées, que le temps sur terre connaît une course qui diffère de celui en mer. Mes heures passent au rythme de défits que je me lance, certains des plus puérils, d’autres des plus passionnants. Dans le fond, il me semble que je recherche une raison de ne guère partir, alors peut être lorsque j’aurais accompli cette dernière chose, je m’en irais tel que je suis venu. Du moins, à ce qu’il me semble. Je ne peux prédire l’avenir, peut être trouverais-je un autre prétexte pour finalement rester. »

Réflexe ultime et conditionné de mon existence de mortel ou simple désir réel de poursuivre ? Je ne saurais le dire. En cet instant, la fin n’était pas une chose à laquelle j’aspirais. D’ailleurs y songeais-je réellement parfois ? Je craignais que non. Cette rencontre fortuite et passionnante me permettait sûrement de me poser enfin les bonnes questions. Serais-je orgueilleux au point de vouloir inlassablement défier la mort ? Avais-je trouvé en cet acte presque désespéré de défiance mon ultime défit ?

Ironique pour un homme tel que moi de se poser de telles questions seulement maintenant. La maturité devait sans nul doute me manquer malgré le poids des années.


« Je vous retourne le compliment Capitaine, je n’ai pas souvenir d’avoir rencontré l’un de nos pair qui soit aussi agréable que votre compagnie. Mais permettez-moi une curiosité plus personnelle. Une chose m’intrigue. Pourquoi avoir choisit la mer, mais est-ce vous qui avez fait ce choix, ou bien elle ? »


J’étais curieux de sa réponse. Selon moi, nous ne choisissions pas toujours notre élément. Le mien était la terre, certes, mais était-ce bien moi qui en avait décidé ainsi ou elle même ? Rares furent les occasions ou je l’avais quitté, au point qu’il ne m’en restait comme gage que de vagues sensations et images. D’ailleurs, de mon état passé de mortel, l’expérience avait été pour le moins désagréable. Aussi ma question pouvait également se formuler ainsi : "Étaient-ce des évènements de son passé qui avaient forgé ainsi sa vie au fil de l’eau, ou étaient-ce les océans qui l’avaient forgés ?".

« N’ayant pas eu capacité à mettre quelque sagesse à mon propre service aux temps où cela eut été nécessaire et bienfaisant, comment pourrai-je maintenant porter conseil à qui que ce soit…

Contrairement à vous mes heures ne passent pas, elles s’empilent sur le pont de mon éternelle traversée, et je les observent qui se gaussent de mes anciennes faiblesses, de mes orgueilleuses assurances, me rappelant là où elles m’ont tristement menées. Alors je brise du temps l’indicible carcan, et je vogue à la poursuite d’une improbable fin, je guide la barre au sel de mon destin…Mais qu’il soit permis qu’à d’autres innocent j’épargne une telle douleur, une telle tristesse…cette absence de vieillesse…

Je n’aspire qu’à achever cette croisière, mais l’aboutissement de ma vengeance ne sera qu’escale…si elle aboutit bien évidemment les choses iraient différemment si elle venait à achopper, mais je n’envisage pas cette éventualité désagréable.
Dans l’instant de la fin je reprendrai le bord, car mon existence désormais est liée, et mes larmes salines ne peuvent plus se mêler à d’autres que celles de l’océan… »
Par Lémuria - Publié dans : Faussement Machiavéliquement Vôtre (Public Averti)
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